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Approches thérapeutiques courantes pour traiter l'Etat de Stress Post-Traumatique :

Les méthodes d’évaluation et de traitement de l’état de stress post-traumatique (ÉSPT) sont en constante évolution et exigent de la part des cliniciens œuvrant dans ce domaine une formation continue avec une mise à jour sur l’évaluation, les données probantes et la thérapie cognitivo-comportementale, le traitement reconnu comme le plus efficace pour traiter l’ÉSPT.

Question importantes: les principaux troubles spécifiques pouvant découler d’un événement traumatique, la stratégie d’entrevue clinique pour le dépistage et l’évaluation, l’entrevue clinique, les critères pour le diagnostic différentiel, l’efficacité de la psychothérapie pour le trouble de stress post-traumatique et les recommandations (National Institute for Clinical Excellence – Nice, 2005), la thérapie cognitivo-comportementale, les limites de la thérapie cognitivo-comportementale pour l’ÉSPT et les perspectives d’avenir.

Diagnostic:

-Le sujet a été exposé à un événement traumatique dans lequel les deux éléments suivants étaient présents :

            (1)  Le sujet a vécu, a été témoin ou a été confronté à un événement ou  à des événements durant lesquels des individus ont pu mourir  ou être très gravement blessés ou bien ont été menacés de mort ou de grave blessure ou bien durant lesquels son intégrité physique ou celle d’autrui a pou être menacée.

            (2)  La réaction du sujet à l’événement s’est traduite par une peur intense, un sentiment d’impuissance ou d’horreur.

-L’événement traumatique est constamment revécu, de l’une (ou de plusieurs) des façons suivantes :

            (1)  souvenirs répétitifs et envahissants de l’événement provoquant un sentiment de détresse et comprenant des images des pensées ou des perceptions..

            (2)  Rêves répétitifs de l’événement provoquant un sentiment de détresse.

            (3)  Impression ou agissements soudains « comme si » l’événement traumatique allait se reproduite (incluant le sentiment de revivre l’événement, des illusions, des hallucinations, et des épisodes dissociatifs (flash-back), y compris ceux qui surviennent au réveil ou au cours d’un intoxication)..

            (4)  Sentiment intense de détresse psychique lors de l’exposition à des indices internes ou externes évoquant ou ressemblant à un aspect de  l’événement traumatique en cause.

            (5)  Réactivité physiologique lors de l’exposition à des indices internes ou externes pouvant évoquer ou ressembler à un aspect de l’événement traumatique en cause.

-Evitement persistant des stimuli associés au traumatisme et émoussement de la réactivité générale (ne préexistant pas au traumatisme), comme en témoigne la présence d’au moins trois des manifestations suivantes : 

            (1)  efforts pour éviter les pensées, les sentiments ou les conversations associés au traumatisme.

            (2)  Efforts pour éviter les activités, les endroits ou les gens qui éveillent des souvenirs du traumatisme.

            (3)  Incapacité de se rappeler d’un aspect important du traumatisme

            (4)  Réduction nette de l’intérêt pour des activités importantes ou bien réduction de la participation à ces mêmes activités

            (5)  Sentiment de détachement d’autrui ou bien de devenir étranger par rapport aux autres.

            (6)  Restriction des affects (p.ex. incapacité à éprouver des sentiments tendres).

            (7)  Sentiment d’avenir « bouché » (p.ex. pense ne pas pouvoir faire carrière, se marier, avoir des enfants, ou avoir un cours normal de la vie).

-Présence de symptômes persistants traduisant une activation neurovégétative (ne préexistant pas au traumatisme) comme en témoigne la présence d’au moins deux des manifestations suivantes :

(1)  difficultés d’endormissement ou sommeil interrompu

(2)  irritabilité ou accès de colère

(3)  difficultés de concentration

(4)  hypervigilance

(5)  réaction de sursaut exagérée

-La perturbation (symptômes des critères B. C et D) dure plus d’un mois.

La perturbation entraîne une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants.

 

Composantes communes du traitement de l'ESPT

Le traitement de l'ESPT commence habituellement par une évaluation approfondie et l'élaboration d'un plan de traitement qui répond aux besoins particuliers de la personne ayant subi un traumatisme. On ne peut normalement pas entamer le traitement propre à l'ESPT avant que la personne n'ait été retirée, de façon sûre, d'une situation de crise. Si la personne est encore exposée au traumatisme (comme la violence conjugale ou communautaire, l'agression ou l'itinérance), qu'elle est gravement déprimée ou suicidaire, qu'elle éprouve de la panique extrême ou que sa pensée est désorganisée, ou encore qu'elle doit suivre une cure de désintoxication, il est important de remédier à ces problèmes au préalable.

  • Il est important que la première phase de traitement comprenne la psycho-éducation des personnes ayant été traumatisées ainsi que leur famille sur la façon dont on devient en ESPT, sur les effets que cet ESPT a sur les personnes et leurs proches et sur d'autres problèmes connexes à l'ESPT. Si l'on souhaite que le traitement soit efficace, il est primordial de comprendre que l'ESPT est un trouble d'anxiété reconnu sur le plan médical et qui est diagnostiqué chez des gens normaux soumis à des conditions de stress extrême.

  • L'exposition à l'événement par l'intermédiaire de la visualisation permet à la personne de revivre l'expérience en milieu sûr et contrôlé, de même que l'étude attentive de ses réactions et croyances par rapport à celui-ci.

  • L'un des aspects de la première phase de traitement vise à aider la personne ayant vécu un traumatisme à surmonter ou calmer à tout le moins certains sentiments extrêmes tels la honte, la culpabilité ou la rage.

  • Dans le cadre d'une autre étape de la première phase de traitement, on lui enseignera comment gérer ses souvenirs post-traumatiques, les événements déclenchants, ses réactions et ses sentiments sans être submergé ou émoussé par ceux-ci. Les souvenirs traumatiques ne sont jamais tout à fait éliminés par la thérapie, mais peuvent devenir gérables quand on maîtrise de nouvelles habilités d'adaptation.

 

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) demande que l'on travaille la cognition de sorte à influer sur les émotions, les pensées et le comportement. La thérapie par l'exposition est une forme de TCC propre au traitement des traumatismes. Celle-ci fait appel à une visualisation prudente, répétée et détaillée du traumatisme (exposition) dans un contexte sûr et contrôlé de sorte à aider la personne à surmonter la peur et la détresse qui la submergeaient pendant le traumatisme. Dans certains cas, les souvenirs traumatiques ou événements déclenchants peuvent tous être abordés en même temps (immersion). Selon les personnes et les traumatismes, il peut être préférable de commencer par le traumatisme le plus léger et de progresser avec des techniques de relaxation, de commencer par des stress moins troublants ou d'aborder le traumatisme un élément à la fois (désensibilisation).

En plus de l'exposition, la TCC pour les traumatismes comprend ce qui suit :

  • acquérir des habilités pour gérer l'anxiété (comme la rééducation fonctionnelle respiratoire ou la rétroaction biologique) et les pensées négatives (restructuration cognitive);

  • gérer la colère;

  • se préparer à réagir au stress (méthode d'inoculation contre le stress);

  • gérer les symptômes traumatiques ultérieurs;

  • remédier au besoin de consommer de l'alcool ou des drogues pour pallier les symptômes traumatiques (prévention des rechutes);

  • communiquer et interagir efficacement avec les gens (habiletés interpersonnelles ou thérapie de couple).

La pharmacothérapie (médication) peut réduire l'anxiété, la dépression et l'insomnie qui sont souvent associées à l'ESPT et, dans certains cas, la détresse et l'émoussement psychique dus aux souvenirs traumatiques. Dans la majorité (mais pas la totalité) des essais cliniques, plusieurs types d'antidépresseurs ont permis l'amélioration de l'état du malade, et d'autres catégories de médicaments ont donné des résultats prometteurs. Actuellement, aucun médicament en particulier ne constitue un traitement définitif contre l'ESPT. Toutefois, la médication est manifestement utile pour soulager les symptômes de sorte à permettre aux personnes de participer à une psychothérapie.

L'EMDR est un traitement assez récent qui regroupe des éléments des thérapies cognitivo-comportementale et d'exposition, combinés à diverses techniques (mouvements oculaires, battement des mains, sons), de sorte à créer un mouvement d'alternance de l'attention d'un côté et de l'autre du plan médian de la personne. Bien que la théorie et la recherche par rapport à cette forme de traitement soient encore en développement, certaines données suggèrent que l'élément thérapeutique propre à l'EMDR serait l'alternance de l'attention ce qui faciliterait l'accès aux données traumatiques et leur traitement cérébral.

La thérapie de groupe est souvent un cadre thérapeutique idéal, car elle permet aux personnes ayant vécu un traumatisme d'échanger avec leurs semblables ce qui offre un environnement particulièrement sûr, cohésif et empathique. Plus les membres du groupe comprennent et résolvent leur traumatisme, plus ils se font confiance et font confiance aux autres. En discutant de la façon dont ils gèrent la honte, la culpabilité, la rage, la peur et le doute qu'ils ressentent depuis le traumatisme, les participants se préparent à se concentrer sur le présent plutôt que le passé. Raconter son histoire (récit du traumatisme) et affronter directement sa peine, son anxiété et sa culpabilité par rapport au traumatisme permettent à beaucoup de participants de gérer leurs symptômes, leurs souvenirs et d'autres aspects de leur vie.

La psychothérapie psychodynamique brève se concentre sur les conflits affectifs causés par l'événement traumatique, surtout quand ils sont liés à des expériences clefs de l'enfance. En racontant une nouvelle fois l'événement traumatique à un thérapeute calme, compréhensif, compatissant et neutre, la personne en arrive à une plus grande estime de soi, élabore une façon de penser et de s'adapter efficace, en plus d'apprendre à mieux réagir aux émotions intenses. Le thérapeute aide la personne à cerner les situations quotidiennes qui déclenchent des souvenirs traumatiques et qui accentuent ses symptômes d'ESPT.

Les experts considèrent qu'il est très important que les gens soient informés des symptômes de l'ESPT et des traitements possibles. Même si les symptômes durent depuis longtemps, la première étape pour les contrôler est de comprendre le problème et ce qui peut être fait.

Les experts de l'ESPT pensent que trois types de psychothérapie sont spécialement efficaces dans son traitement :
la relaxation, la thérapie d'exposition et un travail sur les pensées perturbantes.
 La thérapie par le jeu peut être utile au traitement des enfants ayant un ESPT.

 

      La relaxation
Vous apprenez à contrôler la peur et l'anxiété en relaxant les uns après les autres vos groupes de muscles principaux et en apprenant une respiration lente abdominale.


      La thérapie d'exposition
Ceci peut être fait de deux façons

    - L'exposition en imagination : le thérapeute vous aide à reparler de façon répétée des souvenirs du traumatisme jusqu'à ce     qu'ils ne provoquent plus de détresse.
    - L'exposition dans la réalité : le thérapeute vous aide à affronter les situations de votre vie qui sont maintenant sans risques mais que vous évitez parce qu'elles provoquent de la peur (ex, rentrer dans un appartement qui a été très abîmé, revenir dans l'endroit où on était lors de l'explosion). Votre peur diminuera graduellement si vous vous forcez à rester dans la situation plutôt que d'essayer de l'éviter. L'exposition répétée vous aide à réaliser que la situation crainte n'est plus dangereuse et que vous pouvez y faire face.


      Le travail sur les pensées

Le thérapeute vous aide à changer  les pensées irrationnelles qui peuvent perturber vos émotions et vous rendre difficile de réaliser les activités quotidiennes. Par exemple, les victimes de traumatismes se sentent souvent à tort coupables comme si elles étaient responsables du traumatisme ou de certaines de ses conséquences. Le but de la thérapie cognitive est de vous apprendre à identifier vos pensées perturbantes, peser le pour et le contre, et adopter des pensées plus rationnelles qui vous aideront à avoir des émotions plus positives. Vous apprenez à remplacer les pensées négatives par des pensées positives  lorsque vous êtes confronté à une situation qui vous rappelle le traumatisme. Il peut être utile d'apprendre une méthode de détournement de l'attention pour chasser les pensées perturbantes.


      La thérapie par le jeu
La thérapie par le jeu est utilisée pour traiter les enfants ayant un état de stress post-traumatique. Le thérapeute utilise des jeux pour introduire des thèmes qui ne peuvent pas être abordés plus directement. Cela peut aider les enfants à affronter les souvenirs traumatiques et à progressivement les maîtriser.

      Autre types de psychothérapie
D'autres thérapies comme les psychothérapies psychanalytiques ont pu se montrer utiles dans le traitement de l'ESPT. Toutefois, leur efficacité est moindre que celle des méthodes précédentes.

 

 

psymaroc.com©2008   Dr. EL KAHLOUN,  dernière mise à jour le 20 juin 2008| contact