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Les prises en charge
des troubles somatoformes
Il serait plus exact de parler
de prise en charge des troubles somatoformes plutôt que de
traitement au sens strict du terme. Ces prises en charge, dont
il est clair qu'elles s'inscriront dans la durée, seront de
meilleure qualité si elles s'inscrivent avant tout dans le cadre
d'une étroite collaboration entre somaticiens et psychistes
(psychiatres, psychologues psychothérapeutes).
Ainsi, le Quality Assurance
Project Australian and New-Zealand Worldwide College of
Psychiatry préconise les prises en charge suivantes :
* pour l'hypocondrie :
une association de thérapie brève
dynamique individuelle,
thérapie de famille,
consultation médicale.
* Pour les somatisations
: une psychothérapie de soutien
à moyen terme associée aux
consultations médicales.
* Pour les douleurs
chroniques : un soutien
psychothérapeutique et une forte
collaboration entre médecins,
un soulagement antalgique.
Dans les trois cas, il
préconise de la physiothérapie et une éducation des patients au
niveau de la qualité de leur perception. Dans ces guidelines, il
est mentionné que les thérapies cognitivo-comportementales et
les benzodiazépines ne présentent pas d'intérêt.
Traitements médicamenteux
Les traitements médicamenteux
portent essentiellement sur le traitement de la dépression
(fluvoxamine,
opipramol). Fishbain a présenté une étude de l'effet antalgique
de différents antidépresseurs dans les douleurs chroniques et
les troubles somatoformes. Les conclusions ont été celles d'une
diminution de la douleur supérieure à celle obtenue par placebo.
Les antidépresseurs de différentes familles, y compris les
sérotoninergiques, et non pas seulement comme il était jusqu'ici
de tradition les antidépresseurs tricycliques, semblent donc
avoir un effet positif. Par contre, les benzodiazépines ne sont
pas mentionnées, voire clairement déconseillées comme traitement
des troubles anxieux adjoints des troubles somatoformes.
Psychothérapie
Relativement aux différents
types de psychothérapie que l'on peut proposer, les thérapies de
famille sont mentionnées dans les outlines australiens précités
et ceci semble être confirmé par l'étude de Real Perez,
spécifiant l'intérêt d'une thérapie familiale brève pour les
troubles somatoformes (néanmoins, cette étude porte sur un
nombre extrêmement restreint de famille).
Les thérapies
cognitivo-comportementales restent controversées. Une revue de
la littérature de Karl Looper
avance un bon effet des thérapies
cognitivo-comportementales en groupe pour les somatisations mais
spécifie très clairement que la durée, les modalités, la
nécessité des traitements n'ont pas été étudiées et il souligne
les nombreuses limitations de méthodes, la plupart des études
n'ayant pas de groupe contrôle.
Par contre, Hiller présente
une étude sur 172 patients évaluant les effets d'une prise en
charge cognitivo-comportementale chez des patients présentant
des troubles somatoformes traités ainsi sur une période de deux
ans. Dans cette étude, non seulement les patients traités
auraient une amélioration significative quant à leur
symptomatologie physique, l'état anxieux, les croyances erronées
envers leur corps et leur santé, la dépression et leur
fonctionnement psychosocial, mais les résultats seraient fort
encourageants sur le plan des coûts, le groupe de patients ainsi
traités après deux ans de traitement aurait eu une diminution de
35% des jours d'arrêt de maladie et une amélioration d'environ
64% des coûts financiers générés par le diagnostic en termes de
dépense médicale.
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