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PsyMaroc - Psychologie clinique. Approche cognitivo-émotionnelle et comportementale en médecine praticienne

Médecine comportementale PsychosomatiqueAlliance thérapeutique

 
     
  les mécanismes de défense
la mesure de régression
la forme d'expression verbale, gestuelle et motrice
la nature du transfert
la nature du contre-transfert
la rupture de l'entretien

L'ANALYSE  FONCTIONNELLE  PSYCHOSOMATIQUE

(« J’aivraiment mal, mais vous ne me croyez pas ! ») - (« Ce n’est pas dans ma tête, je ne suis pas fou ! »)

L'investigation d’un symptôme somatique pour lequel on soupçonne une étiologie psychogénique représente un défi pour le médecin. Une des grandes difficultés se situe au niveau de l’investigation physique, le médecin étant partagé entre la crainte de passer à côté d’une pathologie physique et la réticence à surinvestiguer un symptôme pour lequel il soupçonne fortement une origine psychologique.

Une investigation trop exhaustive peut avoir des conséquences parfois difficiles à rattraper par la suite.

Cette difficulté, dans certains cas, peut empêcher le médecin, pourtant bien intentionné, de procéder à une évaluation des facteurs psychologiques qui pourraient contribuer au problème.

Le trouble psychosomatique se définit comme un trouble somatique dont la dimension psychologique est prépondérante dans sa survenue et dans son évolution. Dans la définition restrictive du trouble psychosomatique, il s’agit d’une maladie comportant une altération organique. Une définition plus large inclut certains troubles dits fonctionnels tels que les conversions, les somatisations, les douleurs et le stress.

TRES IMPORTANT: Le symptôme physique peut être associé à une maladie organique, à un trouble psychiatrique ou à une impasse dans le développement. Il faut éviter de compartimenter l’investigation, c’est-à dire ne démarrer l’investigation sur le plan psychologique que lorsque l’investigation physique est terminée. C’est la clé du succès.

Il s'agit d'un examen qui diffère un peu des interrogatoires médicaux classiques en ce sens qu'il se déroule en face à face dans une démarche collaborative, le médecin tendant à comprendre la façon de concevoir la maladie chez son patient. Par ailleurs, le médecin pose le minimum de questions pendant la plus grande partie de l'examen afin que le patient puisse s'exprimer le plus librement possible. Ce n'est qu'en fin d'entretien que le patient se verra poser des questions pour souligner tel ou tel point de sa biographie ou encore pour préciser sa vie onirique et fantasmatique : il parlera de ses rêves nocturnes et des rêveries et imageries qui pourraient lui advenir au cours de la journée. Cet examen diffère encore des interrogatoires médicaux classiques dans la mesure où il dure assez longtemps. On peut par exemple garder un malade une heure, quelquefois plus, afin de bien cerner les aspects de son problème.

Le malade s'assied donc. L'investigateur lui dit : "je vous écoute " et à partir de cet instant se tait. Il est bien évident que, dans ces conditions, le malade se trouve un peu dérouté. Généralement il commence par l'exposé de ses symptômes comme il a l'habitude de le faire avec un médecin classique ; mais au terme du déroulement de ce propos, le patient se trouve à court de formulations. Le silence s'installe.

Le silence est utilisé par l'investigateur. Il dispose, pour relancer le discours de son patient, de deux leviers - le levier traumatique du silence et la relance associative.

1 - Le levier traumatique du silence consiste à laisser s'installer celui-ci lorsqu'il se présente. Le patient aura alors tendance à combler ce qu'il vit comme un vide en disant ce qui, à cet instant, est le plus proche possible de sa conscience.

2 - La relance associative consiste à reprendre une des dernières phrases ou les derniers mots de la dernière phrase prononcée par le malade. Par exemple, si le malade vient de dire : " ma femme a été malade l'année dernière ", on reprend : " l'année dernière ? " ce qui permet effectivement une relance du discours sans pour autant que l'investigateur ait introduit le moindre mot venant de son propre vocabulaire. Le but est de laisser se dérouler le flux associatif du malade sans l'interrompre en aucune façon par des questions venant de l'investigateur.

Au cours de l'examen, le médecin va prêter particulièrement attention à une série de paramètres qui sont :

- les mécanismes de défense;

- la mesure de régression;

- la forme d'expression verbale, gestuelle et motrice;

- la nature du transfert (relation malade-médecin);

- la nature du contre-transfert (relation médecin-malade);

- la rupture de l'entretien.

LE DIAGNOSTIC

Au total donc, l'investigation psychosomatique repose sur la perception par le médecin de critères extrêmement précis dont l'ordonnancement va lui permettre de faire un diagnostic.

Schématiquement, 3 cas se présentent.

1 - Le malade utilise les mécanismes de défense que nous avons décrits. Il est riche en possibilité de rêver et de créer des fantasmes, sa relation est prégénitale. On aura alors toutes les chances d'avoir affaire à un malade névrosé avec des troubles somatiques corrélatifs.

2 - Le malade utilise assez peu de mécanismes de défense de la sphère mentale et par contre sa forme d'expression gestuelle et motrice est très importante ; il a la possibilité de rêver mais moyennement ; nous avons affaire à un malade psycho-fonctionnel.

3 - Le malade n'utilise pas de mécanisme de défense ; il a une pensée opératoire ; il n'a pas la possibilité de rêver ni de créer des fantasmes, on aura affaire à un malade somatique.

A partir de l'entretien, on cerne avec précision à quel groupe de pathologie vont appartenir les symptômes présentés par le malade.

psymaroc.com©2008 Dr. EL KAHLOUN,  dernière mise à jour le 29 avril 2008|contact