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PsyMaroc - Psychologie clinique. Approche cognitivo-émotionnelle et comportementale en médecine praticienne

     

PHOBIE SOCIALE

 
  timidité et phobie sociale
Echelles de diagnostic
Echelles d'évaluations
 
 
 
 

Echelles d’évaluation de la phobie sociale

1) Le Questionnaire des peurs de MARKS et MATHEWS (1979)

C’est une échelle brève d’auto-évaluation (24 items), adaptée aux troubles anxieux les plus fréquemment rencontrés (agoraphobie et phobie sociale), qui permet l’évaluation de l’anxiété d’une part, et la dépression associée au trouble d’autre part.

La version française de COTTRAUX est apparue comme un instrument valide, fiable et sensible aux changements thérapeutiques, notamment pour mesurer les phobies et surtout l’agoraphobie, mais avec une limite qui est la mauvaise discrimination entre phobiques sociaux et obsessionnels. A noter, les résultats sont identiques à la version anglaise.

Le questionnaire des peurs de MARKS et MATHEWS (résumé)

Nom :                                                            Âge :                   Sexe :                   Date :

1) Veuillez choisir un chiffre dans l’échelle ci-dessous : il permet de chiffrer à quel point vous évitez par peur (ou du fait de sensations ou sentiments désagréables) chacune des situations énumérées ci-dessous. Ensuite, veuillez écrire le nombre choisi dans la case correspondant à chaque situation.

0------------1--------- 2---------- 3------------ 4------------- 5 -------------6------------ 7------------ 8

       n’évite pas                évite un peu                          évite souvent                      évite très souvent                     évite toujours

2) Maintenant veuillez choisir dans l’échelle ci-dessous un chiffre qui montrera à quel degré vous souffrez de chacun des problèmes énumérés ci-dessous, puis inscrivez ce chiffre dans la case correspondante.

              0 ----------1----------- 2---------- 3----------- 4-------------- 5-------------- 6------------ 7------------ 8  

   ne souffre pas du tout      souffre un peu            souffre vraiment                      souffre beaucoup        souffre extrêmement

3) A combien évaluez-vous actuellement la gêne que représente dans votre vie votre

comportement phobique ? Veuillez entourer un chiffre dans l’échelle ci-dessous et le reporter dans cette case :

    0 ----------1----------- 2---------- 3----------- 4-------------- 5-------------- 6------------ 7------------8

       pas de phobies           légèrement gênant              nettement gênant                        très gênant             extrêmement gênant

   

 

2) L’échelle d’évaluation des phobies, attaques de panique et anxiété généralisée (PPAG) (COTTRAUX J., 1993)

Elle évalue trois grands types d’anxiété (répondant aux critères du DSM IV), en auto ou hétéro-évaluation. Elle nécessite la définition de deux situations phobogènes principales par le patient, et la compréhension par l’examinateur et le patient des trois types d’anxiété (intervention du sens du jugement de l’évaluateur…). La validité et la sensibilité de cette échelle ont été reconnues.

3) L’échelle de phobie sociale de DAVIDSON ou Brief Social Phobia Scale (B.S.P.S.,1991, traduite en français par LEPINE et MUSA en 1993).

Il s’agit d’une échelle brève, d’hétéro-évaluation, divisée en deux parties, mesurant d’une part la peur et l’évitement, et d’autre part, les manifestations physiologiques. Sa fidélité, sa sensibilité et sa validité ont été prouvées ( version anglaise).

4) Le questionnaire F.N.E. ou Fear of Negative Evaluation de WATSON et FRIEND (1969, traduit en français par MUSA et TEHERANI, en 1998).

Il explore, en auto-évaluation, la dimension cognitive de la phobie sociale, notamment la peur du jugement d’autrui.

5) Le test comportemental d’évitement (MARKS I.M. et coll., traduction par COTTRAUX J., 1985)

C’est une appréciation de l’intensité de l’évitement de situation phobiques ou provoquant les rituels chez les obsessionnels, ainsi que l’intensité du malaise.

Le test repose sur le choix de quatre situations principales par le thérapeute et le patient, et sur une mise en situation du patient. Le problème de ce test est donc la capacité de mise en situation, mais aussi de la possibilité d’études de validation, en raison de l’absence de données normatives.

6) L’échelle d’appréciation de l’anxiété de HAMILTON (Hamilton rating scale Anxiety ).

Cette échelle évalue la sévérité de l’anxiété chez un patient pour qui le diagnostic est posé sans discrimination des troubles anxieux. Elle est fréquemment utilisée car très sensible

au changement. Mais le problème est que certains items n’ont pas été suffisamment définis par HAMILTON.

7) L’échelle d’affirmation de soi (Assertiveness schedule)(RATHUS S.A., 1973, traduction de COTTRAUX J. en 1979)

Elle détermine l’affirmation de soi. Sa fidélité test-retest, validité, sensibilité ainsi que sa validité discriminante ont été démontrées. Mais la nécessité de modification de la cotation du questionnaire pour des raisons de statistiques, a entraîné un problème de consensus pour la comparaison des études.

8) Le questionnaire des conduites interpersonnelles ou QCI (Scale for interpersonal behavior )( ARRINDELL W.A., 1984)

Il permet une détermination , chez le phobique social, de la performance sociale (probabilité du sujet à s’engager dans une réponse assertive), et du degré de gène en situation. La fidélité test-retest et la validité sont correctes avec une bonne discrimination des phobiques sociaux des sujets normaux, et une échelle des gênes plus spécifique aux phobiques sociaux.

9) Le TAPIS : test d’auto-évaluation des pensées en interaction sociale (social interaction self statement test) (GLASS C.R., 1982 ; traduction par COTTRAUX J.).

Ce test apprécie la fréquence des pensées facilitatrices (pensées positives) ou inhibitrices (pensées négatives) dans le contexte des relations hétérosociales. L’échelle négative est un meilleur révélateur d’anxiété sociale. Elle est sensible au changement. Par contre, les résultats sont différents selon les conditions d’application (jeux de rôle, référence à des situations de la vie réelle,…). A noter l’existence d’une seconde traduction par BOISVERT J.M.

10) L’échelle d’anxiété de LIEBOWITZ (Liebowitz Social Anxiety Scale ou LSAS, 1987 ; traduction française par LEPINE J.P. et CARDOT H., 1990)

Cette échelle, brève aussi (24 items), d’auto-évaluation ou hétéro-évaluation permet d’évaluer de manière séparée l’anxiété et l’évitement dans des situations d’interaction sociale et de performance. Des études récentes ont démontré une bonne validité, fidélité test-retest et sensibilité aux changements thérapeutiques, et les études de

validation de l’auto-évaluation et l’hétéro-évaluation retrouvent des résultats identiques.

Il existe aussi une version de l’échelle de LIEBOWITZ adaptée aux enfants et adolescents dont la fidélité et la validité ont été reconnues.

11) L’échelle de SHEEHAN (Sheehan Disability Scale ou SDS, 1983)

Cette échelle détermine de manière simple le handicap que la maladie psychiatrique peut engendrer dans la vie quotidienne (travail, loisirs, famille). Elle n’est pas spécifique des troubles anxieux. Elle a été évaluée en soins primaires et sa validité a été reconnue mais elle serait un peu moins sensible que certaines autres échelles d’invalidité (le Liebowitz Self-Rated Disability Scale (L.S.R.D.S.) et le clinician-rated Disability Profile (D.P.)).

12) Le S.P.I.N. (The Social Phobia Inventory)

C’est une échelle développée récemment par CONNOR et al. Pour évaluer trois types de symptômes de la phobie sociale : les symptômes cognitifs, comportementaux et physiques. C’est une échelle brève d’auto-évaluation constituée de 17 items. Sa validité, sa consistance interne, sa fidélité test-retest et sa sensibilité aux changements ont été prouvées. Simple d’utilisation, elle discrimine bien les patients phobiques sociaux des groupes contrôles, d’où ses avantages pour les futures études. Par contre, la version française n’a été réalisée qu’en 2004 par MUSA et BOUCHEZ-ARDABZADEH et est donc non encore évaluée.

12) Autres échelles

Echelles citées par COTTRAUX et BOUVARD sans élément d’information supplémentaire :

-inventaire d’anxiété de BECK

-échelle de gravité d’anxiété de COVI.

Echelles chez l’enfant

Nous disposons pour le moment de peu d’échelles traduites et validées en français. Citons quand même :

1) L’échelle des peurs pour enfants révisée (Revised Fear Survey Schedule for Children –FSSCR ; traduction par ROGE B.) (OLLENDICK T.H., 1983)

C’est une échelle inspirée d’une autre échelle des peurs: la FSS III de WOLPE et LANG, avec une version révisée de l’outil de SCHERE et NAKAMURA ( 1968). Elle évalue les peurs spécifiques de l’enfant de 9 à 12 ans : peurs des animaux, du noir, de l’échec…

Les études ont prouvé sa fidélité test-retest, sa validité discriminante, avec une différence entre garçons et filles (scores supérieurs pour les filles). Mais il n’y a pas d’étude de validation de la version française.

2) Le Social Anxiety Scale for Children (S.A.S.C., LAGRECA et STONE, 1993) et le Social Phobia and Anxiety Inventory for Children (S.P.I.A.-C, BEIDEL, 1995)

Ce sont deux instruments mesurant spécifiquement l’anxiété sociale chez les enfants, mais il n’existe pas de traduction ni de validation en français.

psymaroc.com©2008 Dr. EL KAHLOUN, dernière mise à jour le 23 avril 2008|contact