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L’intérêt clinique du concept d’efficacité personnelle

Albert Bandura affirme que " l'individu s'engage dans l'action parce qu'il est convaincu de pouvoir influencer son environnement " : c'est la notion d'efficacité personnelle.

La notion de sentiment d’efficacité personnelle se ramène à une idée très simple mais très éclairante, issue de la réflexion sur la pratique des thérapies comportementales : la capacité d’une personne à entreprendre certaines actions dépend largement de sa croyance dans cette capacité. Cette théorie éclaire les premières contributions de Bandura : la notion d’apprentissage vicariant, et donc la technique psychothérapeutique du modeling, qui est interprétée, comme le sont finalement tous les procédés des thérapies cognitivo-comportementales, comme autant de moyens d’augmenter le sentiment d’efficacité du patient et donc son efficacité réelle.

Le sentiment d’efficacité personnelle  exprime ce que l’individu croit pouvoir faire dans des situations variées. « L’efficacité personnelle perçue concerne la croyance de l’individu en sa capacité d’organiser et d’exécuter la ligne de conduite requise pour produire des résultats souhaités ». (Bandura, 2003, p. 12). En fait, les gens agissent quand ils croient que leurs actions vont produire les résultats qu’ils désirent obtenir, que l’effort exigé en vaut la peine et qu’ils ont les capacités pour le faire.

En général, les individus qui doutent de leurs capacités évitent les tâches difficiles, diminuent leurs efforts ou abandonnent facilement. Ils expriment des aspirations réduites, démontrent une faible implication dans les activités qu’ils entreprennent. Ils représentent souvent des victimes désignées pour les stress et la dépression. Par ailleurs, les personnes qui croient fortement en leur efficacité personnelle abordent les tâches difficiles comme des défis. Elles se fixent des buts élevés et les maintiennent malgré les difficultés, investissent des efforts et les augmentent en cas d’échec. Elles améliorent ainsi leur performance et réduisent leur stress. Elles atteignent ce qui semble inaccessible par une croyance en soi inébranlable et une forte résilience au regard des obstacles. Il va de soi que chaque individu n’est pas totalement l’un ou l’autre de ces exemples mais ressemble plutôt à l’un ou à l’autre selon les diverses situations auxquelles il est confronté.

La croyance dans sa propre efficacité apparaît dès lors comme un phénomène fondamental dans l’ensemble des processus qui assurent l’adaptation, la santé et le bien-être psychiques. Cette théorie rend également compte des troubles psychopathologiques les plus courants -anxiété, dépressions, troubles du comportement alimentaire et addictions - en termes de défaillances spécifiques de la croyance dans sa propre efficacité.

Les humains sont fortement interdépendants. Leurs actions modifient le bien-être des autres, et inversement les actions des autres influent sur leur propre bien-être. Ils doivent de plus en plus travailler ensemble pour obtenir une vie meilleure. La théorie sociocognitive élargit donc l’analyse de l’agentivité humaine à l’exercice de l’agentivité collective. Cette dernière opère par l’intermédiaire de croyances d’efficacité et d’espoirs partagés par des familles, des communautés, des organisations, des institutions sociales et même des nations, de telle façon que les gens puissent résoudre leurs problèmes et améliorer leur existence par un effort commun.

La théorie de l’efficacité personnelle fournit un vaste ensemble de connaissances autorisant des applications sociales dans de multiples domaines de l’existence. La large portée et la diversité d’applications possibles attestent la généralité explicative et opératoire de cette approche.

 

 

psymaroc.com©2008   Dr. EL KAHLOUN,  dernière mise à jour le 10 octobre 2008| contact