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      L'examen en médecine comportementale

1-La méthode clinique, l'analyse fonctionnelle (conceptualisation, diagnostic fonctionnel, analyse comportementale)

2-L’observation
3- L’entretien clinique et la relation thérapeutique: conduite de l’entretien, les techniques de relance, mécanismes en jeu dans l’entretien, 
4-Création d'une relation d'aide: l'alliance thérapeutique
5-L’analyse des productions graphiques et autres
6-Les tests : test cognitifs, tests de personnalité, l’exploration psychologique : échelles d’intensité de traits pathologiques,  évaluation en clinique individuelle
7-L’étude de cas : approche sémiologique, approche psychopathologique,  approche métapsychologique, l’histoire du sujet , les interprétations clinique (l'analyse fonctionnelle)

 

 

    

   1. La méthode clinique

       La méthode clinique est une situation de rencontre la plus proche possible de la situation normale qui a pour objet de recueillir des informations relatives au patient en lui laissant la possibilité de s’exprimer. Elle s’intéresse à la personne dans son ensemble. Pour J-L Pedinielli (1994,34) « Si la méthode clinique est avant tout destinée à répondre à des situations concrètes de sujets souffre, elle ne peut que se centrer sur le cas, c’est-à-dire l’individualité.

     Certains buts de l’examen psychologique sont identiques à ceux d’une observation médicale classique :

            - repérer les symptômes présents, qu’il s’agisse de troubles ou de désordres,

            - les regrouper selon les organisations syndromiques connues, et en faire un récapitulé synthétique en syndromes ou en maladies,

            - vérifier ensuite l’hypothèse diagnostique grâce à une analyse sémiologique détaillée et/ou une demande d’examens complémentaires,

             - proposer enfin une thérapeutique adaptée.

Mais l’observation psychologique clinique ne se résume pas à ce schéma. Elle comporte des particularités ou des spécificités qui sont au moins au nombre de 3 :

                   - le caractère subjectif de la sémiologie en psychologie clinique,

                   - le caractère relationnel de la sémiologie psychopathologique,

         - le problème du consentement.

            1°) La première particularité tient à la nature même des connaissances en psychopathologie, à savoir que l’examen et la recherche des signes importants se font essentiellement sur l’analyse d’un discours, de productions verbales, d’une communication, d'un entretien.

Qu’il s’agisse d’angoisses, d’obsessions, de délires, d’hallucinations, de phobies ou d’agitations, les symptômes en psychopathologie ne sont pas ou peu quantitatifs mais qualitatifs. On ne peut pas tout à fait évaluer une angoisse comme on mesure une amyotrophie ou comme on enregistre un souffle. En psychopathologie, le matériel sémiologique a un caractère fondamentalement subjectif.

Un corrélat immédiat : le diagnostic, sauf exception, est la plupart du temps clinique et non ou très peu paraclinique. Les examens complémentaires restent utiles, mais la plupart du temps dans un but différentiel. Il peut par exemple être utile de pratiquer une glycémie devant un état d’agitation, un scanner cérébral devant une détérioration intellectuelle débutante ou un dosage d’hormones thyroïdiennes devant un état dépressif, mais le diagnostic positif d’une dépression comme d’une psychose reste essentiellement clinique.

            2°) Beaucoup plus qu’en médecine organique, il s’agit ici de l’analyse d’une relation et d’une interaction. C’est la dimension du relationnel et de l’intersubjectif. C’est-à-dire que la psychologie clinique est davantage sensible que d’autres spécialités médicales à certaines dimensions sémiologiques comme le contact, la présentation, l’habitus, la possibilité, l’impossibilité ou les difficultés à établir une communication, comme la prise en compte de l’entourage, du contexte social et environnemental du patient.

En tous les cas, il existe une implication obligatoire de la personne même du médecin dans la relation (relation médecin malade), ce qui rend sinon utopique, du moins problématique l’idée d’une observation psychologique qui serait purement scientifique, neutre, reproductible, impartiale, objective et complète. Mais la subjectivité comme ce souci du relationnel n’excluent pas la rigueur, même si la psychologie médicale est davantage une médecine de la relation qu’une médecine des symptômes.

             3°) La troisième spécificité concerne davantage le traitement et les difficultés des traitements en psychopathologie, dans la mesure où certaines maladies mentales comme les psychoses, mais aussi certaines névroses, ou des pathologies comme par exemple l’anorexie mentale se caractérisent par une certaine méconnaissance ou un déni du trouble, posant le problème du consentement et de la compliance du patient aux soins qui lui sont proposés.

    Consentement éclairé

Accord libre et délibéré pour un diagnostic, un traitement, une recherche ou un dépistage après que les risques et les conséquences possibles aient été entièrement expliqués. Ce principe de la loi concerne tout soin de santé et toute information médicale. Un patient doit recevoir toutes les informations possibles sur un traitement proposé afin de prendre sa décision de subir ou non l'intervention, après avoir mis en balance les risques et avantages probables. Le consentement éclairé fait partie des efforts de respect de l'autonomie dans les questions de santé publique et de médecine. Il a une signification et une portée légales.

Si l’on peut considérer d’une manière générale que parmi les devoirs du malade le premier est probablement de souhaiter la guérison, donc d’être capable de coopération avec le médecin et la médecine, ici, en psychopathologie, nous avons souvent affaire à des malades qui ne se perçoivent pas comme malades ou qui ne veulent pas guérir.

Une telle conduite expose à un certain nombre de risques, il s’agit la plupart du temps de risques auto ou hétéro-agressifs, parfois de dépenses inconsidérées, de scandales sur la voie publique, de dilapidation du patrimoine, ou encore de risques pour les personnes ou les biens.

Un autre but de l’examen psychologique est de mettre en place les grands cadres de la nosographie, qu’il faut davantage comprendre comme des pôles de référence que comme des étiquettes étroites (DSM IV, CIM 10). Une des oppositions les plus classiques oppose le groupe des névroses au groupe des psychoses en fonction d’un certain nombre de paramètres.

  2. L’observation

L’observation est définie comme « l’action de considérer avec une attention suivie la nature, l’homme, la société, afin de les mieux connaître. » En psychologie clinique, on a recours à cette méthode lorsque l’entretien est impossible. Le plus souvent, c’est un complément (observation sémiologique : posture, tenue vestimentaire, réactions du sujet). L’observation tente également de regrouper ce qui a été observé.

Cette technique présente trois risques : réification (réduire le sujet à ce que l’on observe), l’objectivation extrême et l’absence de validité des interprétations qui en sont tirées (puisque le sens doit être celui mis par le patient).

Dans la psychothérapie d’enfant, l’observation du jeu est un outil essentiel. Toutefois, lorsque le psychologue prend part au jeu, il s’agit alors d’un équivalent de l’entretien.

  3. L’entretien clinique et la relation thérapeutique

L’entretien est le principal outil du psychologue clinicien. Il peut s’agir de situations d’évaluation ou de thérapie. La majeure partie du matériel, des informations, provient, en effet, du discours. Les buts sont doubles : écouter, faire parler.

L’interrogatoire complet recherche (voir aussi l'analyse fonctionnelle):

les antécédents ;

le type de troubles, la date de début, la notion de traumatisme éventuel dans les mois qui précèdent ;

les signes d’accompagnement et troubles associés (signes neurovégétatifs, syndrome du côlon irritable, céphalées, etc.),

l’intensité et la fréquence des symptômes ;

la présence de comorbidités en particulier de symptômes de dépression, de plusieurs troubles anxieux associés, de trouble bipolaire ou de comorbidités somatiques ;

les traitements antérieurs (médicaments et psychothérapies), leur efficacité et tolérance ;

le retentissement du trouble anxieux : conséquences sur la vie familiale, sociale et professionnelle, consommation de psychotropes, altération des fonctions cognitives, qualité de vie ;

la demande du patient.

    4. Création d'une relation d'aide (voir Alliance thérapeutique )

La qualité de la relation doit avant tout s’établir dans un climat de confiance et pour cela Carl R. Rogers, précurseur de la thérapie centrée sur la personne (approche humaniste) conseille trois attitudes :
        - L’authenticité et la congruence : soit la concordance entre ce que l’aidant ressent au plus profond de lui-même, ce dont il est conscient et ce qu’il montre à son client.
        - La valorisation, l’acceptation, la confiance : le regard inconditionnellement positif de l’aidant valorise le client, totalement. Alors, on peut conjecturer quelque progrès.
        - La compréhension empathique : l’aidant perçoit avec exactitude les sentiments qu’éprouve le client, avec cette intelligence faite d’ouverture et de disponibilité.

    5. L’analyse des productions graphiques et autres

Parfois, lors des entretiens, la personne ou des membres de sa famille font parvenir à la connaissance du clinicien des éléments de production graphiques (dessins, peintures), ou écrits (journaux intimes, poèmes, nouvelles, romans) qu’il convient d’étudier avec attention.

Si certaines productions mettent en avant d’authentiques talents artistiques, la majorité mettent en avant des éléments pathologiques (poèmes érotomanes, romans proche de productions paraphrènes, journaux intimes dépressifs, etc)

     6. L’étude de cas

Toutes les informations recueillies auprès d’un patient, quelles qu’en aient été les modalités de recueil, sont à intégrer dans une étude de cas. L’étude de cas est la reconnaissance d’un trouble en appliquant au cas individuel des données générales. Cette méthode tente de restituer le sujet et non pas de reconnaître la spécificité de la pathologie ou du problème qu’il présente.

     1 - Approche sémiologique

Il s’agit de pouvoir repérer tous les signes et les symptômes que la situation examinée présente. Cela implique une bonne connaissance nosographique, ce qui implique de pouvoir repérer les signes présents et l’absence de certains autres. Il faut donc reprendre les éléments suivants : la présentation du patient (âge, situation, ...), le motif de la consultation, les antécédents (personnels et familiaux), l’anamnèse (histoire du sujet), l’histoire des troubles (histoire de la maladie), la nature de l’épisode actuel, la sémiologie de la personnalité, la sémiologie des mécanismes de défense (au sens psychiatrique), les éléments médicaux, l’évolution, une conclusion.

Ceci aboutit à un regroupement syndromique qui va permettre la discussion du diagnostic. Les éléments d’évaluations (échelles, voire test de personnalité) peuvent intervenir à ce niveau. Il s’agit donc d’un inventaire argumenté.

       2 - Approche psychopathologique

Cette analyse en termes de mécanisme se réfère logiquement aux conceptions théoriques qui la sous-tendent. Elle aboutit généralement à la mise en évidence d’une structure.

                      2.1. Métapsychologie

En suivant Bergeret (1972), cette démarche nécessite de repérer : les mécanismes de défense, le type de relation d’objet, le type d’angoisse, le symptôme, la demande, les modalités d’investissements libidinaux, l’analyse de la relation avec le clinicien.

                          2.2 . L’histoire du sujet

Cette méthode s’appuie sur le récit de la vie du sujet, telle qu’il la raconte, et nécessite de pouvoir relever des faits saillants comme : les liens temporels, les répétitions de son histoire, les zones inabordables.

                          2.3. Interprétations clinique

L’ensemble des éléments suivants aboutit à une analyse clinique des différentes positions subjectives. Elle consiste à élaborer une théorie du sujet et non pas, à l’inverse, à plaquer des éléments théoriques sur une histoire singulière. Les hypothèses structurales sont bien évidemment à distinguer du diagnostic auquel aboutit l’analyse sémiologique.

 

 

psymaroc.com©2008   Dr. EL KAHLOUN,  dernière mise à jour le 10 juin 2008| contact