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PsyMaroc - Psychologie clinique. Approche cognitivo-émotionnelle et comportementale en médecine praticienne

 
Psychologie et psychopathologies de la grossesse
    Le projet parental
Le risque génétique en psychopathologie
Les troubles anxieux et mineurs pendant la grossesse
Les dépressions gravidiques
Troubles psychopathologiques du post-partum
Les traitements

INTRODUCTION

Etape essentielle du développement psycho-sexuel de la femme, la grossesse entraîne de profonds remaniements psycho-socio-biologiques. Chez la femme souffrant de troubles psychiques, elle peut parfois conduire à une atténuation de ces derniers. Mais elle peut aussi être l'occasion d'une apparition ou d'une exacerbation de tels troubles : qu'ils soient du registre thymique (dépression), anxieux/névrotique ou psychotique, ces troubles peuvent s'accompagner d'une réactivation de l'angoisse liée aux conflits que pose, dans l'histoire de chacun, la création d'un nouveau lien de filiation.

Le terme de "maternalité" a été introduit par Racamier (psychiatre-psychanalyste) pour définir "l'ensemble des processus psycho-affectifs qui se développent et s'intègrent chez la femme à l'occasion de la maternité".

On ne peut rendre compte du comportement maternel de la femme qu'en se référant :

- d'une part à l'environnement, aux traditions, au mode de vie de la société dans laquelle elle se déroule,

- d'autre part, aux problèmes spécifiques que rencontre chaque femme au cours de son développement psycho-affectif.

Même si le retentissement psycho-pathologique du milieu de vie (événements, support social) dépend étroitement de l'histoire de chacun, l'état de grossesse accroît la sensibilité des femmes à ces facteurs psycho-sociaux, notamment :

- à l'attitude du conjoint

- à celui de l'entourage parental

- aux conditions socio-économiques.

Le désir d'enfant et désir de grossesse ne se superposent pas toujours :

- Pour la majorité des femmes, le "je suis enceinte", expression d'un vécu narcissique s'associe rapidement au "j'attends un enfant", expression du désir de l'enfant associé à l'anticipation de sa naissance, de sa vie.

- Mais il est des cas où le désir de grossesse peut être qualifié de pathologique : quand l'état de grossesse n'est recherché que pour lui-même. La grossesse, état de complétude imaginaire et preuve de fertilité, est vécue comme une expérience valorisante, une tentative de résolution des conflits personnels. L'enfant vient là comme "le prix à payer". Cette situation où les deux désirs ne coïncident pas s'observe à l'extrême dans certains cas de grossesses répétées suivies d'I.V.G. ou d'abandons, de refus répétés de contraception associés au refus d'enfant.

Impact de la maternité sur l'évolution du trouble :

Même si la grossesse peut avoir un effet positif sur l'évolution de certains troubles psychiatriques, cela n'est pas toujours le cas, et l'on observe souvent une aggravation de la pathologie, notamment lors du post-partum.

Un autre facteur à prendre en compte concerne la nécessité de limiter au maximum les risques iatrogènes, chez des patients qui souvent nécessitent un traitement au long cours (traitement neuroleptique chez les schizophrènes, traitement thymorégulateur chez les malades bipolaires). L'arrêt de ces traitements comporte un risque de rechute, variable selon les individus, qu'il importe de bien évaluer.

Capacité à assumer la fonction parentale :

Ce troisième point doit également être abordé dans les demandes de conseil. Pour l'enfant, plus que celui d'une transmission génétique de la maladie, le risque est souvent d'être placé dans des conditions de développement précaire, la pathologie maternelle pouvant être une source de carences affectives précoces dans les formes les plus sévères de schizophrénie, de trouble de l'humeur ou de trouble de la personnalité.

psymaroc.com©2008 Dr. EL KAHLOUN, dernière mise à jour le 22 avril 2008|contact