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PsyMaroc - Psychologie clinique. Approche cognitivo-émotionnelle et comportementale en médecine praticienne

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  Alexithymie: une pathologie psychosomatique?

La maladie, résultat de l'inhibition de l'action?

C'est à Henri Laborit que l'on doit le développement comportemental et biologique de ce concept, qu'il a développé grâce à ses travaux sur l'animal en cage d'inhibition.

Lorsqu’on place quelques secondes un rat dans une cage au sol et aux murs électrifiés, et qu’on établit le courant, le rat essaie vainement de se sauver, il fait des bonds rapides et tente de fuir… en vain. Si on réitère l’opération quelquefois, dès que le rat pénètre dans la cage, il se met à trembler, son poil se hérisse, il urine de détresse, court de façon désordonnée ou s’immobilise, paralysé, recroquevillé, il a peur.

Signalons comme l’a démontré Henri Laborit, qu’après 21 jours de ce traitement stressant sans issue de secours, à raison seulement de 7 minutes par jour, le rat développe une hypertension artérielle irréversible, qu’on nomme essentielle chez l’Homme ou idiopathique, c’est-à dire sans cause pour la science médicale moderne. Laborit a aussi démontré que si l'on place un deuxième rat mâle dans la cage électrifiée, au moment de la décharge les animaux vont se battre et ne développeront pas de maladie. Pour Laborit c'est la soumission, l'inhibition de l'action qui est à la base des maladies.

Le savant complique l’expérience. Il confectionne une cage à deux compartiments un A électrifié et un B non électrifié, qui communiquent entre eux par une porte dont l’ouverture peut être actionnée depuis le compartiment A, par une roue. Le rat est introduit dans le compartiment A électrifié, et reçoit des décharges non mortelles. Il tente de fuir. A force de va-et-vient, il finit par hasard par faire tourner la roue qui ouvre la porte du compartiment B, où il se réfugie. Si l’on persiste à réintroduire le rat dans le compartiment A, il finit par mémoriser l’action positive de la roue du compartiment A pour se sauver dans le B. On en conclut que le rat a de la mémoire, qu’il peut se remémorer, et qu’il est capable d’apprentissage conditionné (même négativement ce qu’on appelle une motivation nociceptive. La suite de l’expérience est beaucoup plus intéressante. Le biologiste ne déclenche le courant du compartiment A que 30 secondes après y avoir placé le rongeur. Progressivement, le rat perdra son conditionnement antérieur et ne se réfugiera plus immédiatement dans le compartiment B. Il reste quelques instants dans le compartiment A et ronge même plusieurs granulés avant d’actionner la roue et de passer en B. Si l’on prolonge l’expérience, le rat va même attendre 25 à 30 secondes, apparemment paisible, avant d’activer le rouage, car son rhinencéphale, son cerveau affectif, mémorise aussi la durée.

Si l’on pouvait enregistrer ce qui se passe dans son rhinencéphale (système limbique ou cerveau affectif), on comprendrait la différence entre deux états timériques souvent condus : la peur et la crainte. Dès que le rat entre dans le compartiment A, son cerveau limbique s’active et envoie des impulsions nerveuses inhibitrices à son cortex et ses centres de l’éveil pour ne pas oublier la durée fatidique à laquelle il devra agir pour éviter la punition et la peur. Il reste aux aguets (car son horloge biologique épiphysaire fonctionne) sans manifester de peur, il a l’air normal, mais il est habité par la crainte, qui est un comportement d'inhibition de l'action qui engendre la peur. Celui qui craint évite de se retrouver en situation de peur, telle une personne mordue par un chien et qui n'aurait pas affronté sa peur pour s'en libérer.

Laborit a aussi démontré que si l'on fait subir des électrochocs au rat après son passage dans la cage électrifiée, qui ont comme "vertu" de supprimer la mémoire de l'évènement récent, le rat ne développe pas de maladie. Cela révèle que ce n'est pas la peur qui est la source de la maladie, mais la mémoire de la situation qui a engendré la peur et qui se mémorise sous forme de crainte. Cette différenciation entre deux états timériques - la peur et la crainte - que l'on a tendance à considérer comme des synonymes est capitale pour localiser la région du cerveau impliquée. Les émotions sont gérées par le système limbique ou cerveau affectif (c'est le cerveau appelé aussi mammalien car apparaissant chez les Mammifères). Si les réactions de peur sont gérées par l'amygdale cérébrale, structure du cerveau limbique, la crainte qui nécessite une mémorisation fait participer l'hippocampe, structure principale de ce même cerveau affectif.

psymaroc.com©2008 Dr. EL KAHLOUN,  dernière mise à jour le 20 mars 2008|contact