Une attitude psychothérapique comportementaliste est indispensable dans toutes les activités d'un médecin de premier recours. Au cours d'une consultation, celui-ci fonctionne selon un double registre, à la fois objectif et subjectif. D'une part, il cherche à repérer des symptômes pour établir un diagnostic, ce qui est une démarche de type biomédical. D'une autre part et, en même temps, il analyse la relation qui vient de s'établir entre le patient et lui, ses attitudes et contre-attitudes ainsi que la qualité de l'alliance thérapeutique ; il s'intéresse aux motivations de son patient, à sa situation dans son milieu socio-familial, aux idées (ou au vécu) de ses troubles et ses éventuelles gratifications secondaires et renforcements.
Il cherche à repérer ce qui caractérise la façon d’être au monde du sujet selon ses pensées, ses sentiments et ses comportements (sa personnalité) et en reconnaître les anomalies dès lors qu’elles génèrent une altération du fonctionnement social ou une souffrance de l’individu ou de son entourage (trouble de personnalité ou personnalité pathologique).
De même, lorsqu'il prescrit une thérapeutique biologique, il tient compte à la fois des données pharmacologiques et de la dynamique affective et comportementale que mobilise cette prescription pour une bonne adhésion du patient au traitement prescrit.
Au cours des consultations médicale, les deux composantes, médicale et psychothérapique, existent toujours et se complètent sans s'opposer. Leurs proportions, toutefois, varient selon les cas. Quelquefois c'est la dimension médicale qui est prépondérante, par exemple pour le suivi d'un traitement pour maladie infectieuse ou l'ajustement de la posologie d'un traitement de maladie de longue durée mais, même dans ces cas, la dimension psychothérapique est présente. Aussi tout acte médical s'inscrit nécessairement dans une démarche psychothérapique comportementaliste. Le choix de la démarche thérapeutique repose à la fois sur l'orientation du praticien et sur des indications médicales et psychopathologiques.
En complément des connaissances médicales et de la sémiologie clinique, il y a place pour une étude pratique des comportements des patients et des médecins dans leur relation thérapeutique. La prise de contact avec un patient diffère lors de l’annonce et l'accompagnement d’un cancer ou d’une séropositivité, l’abord d’un drogué, l’accueil d’un patient ayant fait une rechute alcoolique ou tabagique ou la prise en charge d’un anxieux, d’un obèse ou d'une bronchite aigue… Quelques procédures aident le médecin à établir une bonne communication (ni « juge » ni « complice »), clé de réussite d'une alliance thérapeutique.
Le recueil des informations ne se limite pas à un bon examen clinique et à l’histoire de la maladie (anamnèse) . Il est utile de bien mener l'entretien pour savoir comment le patient vit et interprète sa maladie, ce qu’il ressent et surtout d’évaluer quel est son degré de motivation (analyse fonctionnelle TCC). L’apprentissage du langage non-verbal (le ton de la voix, le regard, les gestes et attitudes..) est en ce domaine un outil précieux pour le médecin pour une analyse fonctionnelle des troubles.
En retour les informations fournies par le médecin devraient être compréhensibles (claires et adaptées au patient). Elles devraient systématiquement inclure des éléments positifs, encourageants, renforçateurs et éducatifs.
Les moyens thérapeutiques ne se limitent pas aux médicaments mais comportent une formation destinée à aider le patient à résoudre ses problèmes, à s'autonomiser, à réduire son stress (gestion du temps, relaxation), à améliorer ses rapports avec les autres (affirmation de soi), à développer des interprétations et des comportements nouveaux (en remplacement des anciens comportements « à risque »)…
La fin de la consultation médicale ne se borne pas à la prescription d’une ordonnance : vérifier que l’on s’est bien compris, qu’il y a accord sur ce que le patient s’engage à faire pour la prochaine consultation et sur les résultats attendus, enfin qu’il a bien envisagé les obstacles prévisibles et leurs solutions, sont des facteurs essentiels pour améliorer l’observance thérapeutique. La relation médecin malade doit se baser sur une base collaborative.










