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Le cerveau dans ses trois
dimensions.
Le cerveau humain peut être représenté
schématiquement dans un espace en
trois dimensions. Trois dimensions complémentaires, coexistant
simultanément et de manière interactive, et cependant très
différentes les unes des autres.
Illustration: quand on se sent menacé par un chien qui gronde et
montre ses dents (ou toute autre situation menaçante ou qui semble
l'être), il y a trois réactions possibles où le
comportement final sera le résultat des connexions
reptilien-limbique-néocortex, variable selon les individus:
1. Cerveau reptilien :
immédiatement, cette situation active un signal d'alarme au cerveau
reptilien. Deux choix : prendre la fuite ou vous défendre. Vous
réagissez sans réfléchir. L'instinct dicte votre comportement, vous
n'avez aucune part de décision consciente.
2. Système limbique :
figé, paralysé sur place... vous n'avez pas fui, vous éprouvez de la
peur... Incapable de réfléchir, de raisonner ou de vous enfuir... :
lien avec le néocortex coupé.
3. Cerveau néocortex :
vous gardez votre sang-froid et restez en néocortex, vous négociez
avec le chien en lui parlant doucement et en contrôlant vos
mouvements pour l'apaiser et vous éloigner. Vous vous êtes parlé,
vous avez analysé, vous avez maîtrisé vos sentiments et vos
instincts... le chien est parti!
1-Le
cerveau Primitif (Reptilien)
S itué
en arrière de la boîte crânienne, dans le bas de la nuque. Cette
partie de notre cerveau comprend le tronc cérébral, le cerveau
médian, les ganglions de base et le système d'activation du réseau
des fibres nerveuses responsables de la coordination des fonctions
de base.
Il
privilégie l'odorat sur les autres sens. C’est le Cerveau
action-réaction. Dirigé par l'instinct, l'impulsion et la
compulsion, ce cerveau contient le savoir ancestral de l'espèce et
une partie du système autonome, involontaire. Il correspond à notre
univers non-verbal de gestes et comportements automatiques; il
possède un répertoire de comportements en cas de danger. Ces
conduites sont simples et instinctives comme d'attaquer pour se
défendre ou de prendre la fuite. Son rôle consiste à assurer la
survie de l'organisme par la coordination des réflexes, la
régulation des fonctions vitales comme la
respiration, le rythme cardiaque, la pression artérielle ou
l'alternance vigilance-sommeil, la satisfaction des besoins
fondamentaux que sont la faim, la soif et l'activité
sexuelle, ou encore par la programmation d'activités, par exemple,
liées à la constitution, au marquage et à la défense d'un
territoire. Il a une mémoire à court terme : aussitôt fait, dit,
vécu, appris... aussitôt oublié! Cette mémoire à court terme
classe les informations dont nous avons pris conscience durant la
journée et décide de ce qu'elle gardera en mémoire. Il a un
fonctionnement réflexe, tel un bébé qui s'exprime par des pleurs,
cris, rires... il aspire à être cajolé, changé, alimenté, habillé,
langé... à dormir dans un lit douillet; il recherche la sécurité.
Le
cerveau primitif gouverne cinq comportements de base :
orientation (rejet ou adhésion dans un groupe), imitation
(conformisme, instinct grégaire), répétition et routine
(réutilisation de vieux schémas, aime garder la même place et
conserver les mêmes habitudes), camouflage (se faire tout
petit, se faire oublier dans un groupe).
Quand
on reste dans notre cerveau reptilien, on n'a pas d'émotions et on
ne prend pas de décisions réfléchies. Tout n'est qu'instinct.
Le cerveau primitif
joue donc le rôle de surface d'échange
avec l'extérieur, point d'impact et de réception des
afférences, zone empruntée par les efférences en réponse aux
stimuli. C'est entre moelle et bulbe, que se situent les lieux
réflexes archaïques où prennent naissance et se mettent en
place nos interactions avec le milieu ambiant. Le centre réflexe
est ce périphérique essentiel qui reçoit les stimulations externes,
les transmet aux centres supérieurs pour interprétation. Il exécute
en retour la réponse comportementale programmée par les centres
supérieurs. C'est dire l'importance que prend ces lieux réflexes
dans le déroulement de toute activité, c'est dire aussi qu'il n'est
que l'exécutant de quelque chose qui se joue beaucoup plus haut.
-Il est complètement égocentrique.
Voyez le cerveau
Primitif comme le centre du MOI. Il n’a de patience ou de sympathie
pour rien de ce qui ne concerne pas directement son bien-être et sa
survie..
-Il est sensible aux vrais contrastes.
Comme avant/après, risqué/sûr, avec/sans ou lent/rapide. Les
contrastes lui permettent de prendre des décisions rapides, sans
risque. On sait en fait aujourd’hui que les personnes qui ont des
séquelles à la partie primitive de leur cerveau ne peuvent jamais
décider.
-
Le cerveau Primitif aime les informations tangibles.
Il recherche en permanence ce qui lui est familier et amical ; ce
qui peut être reconnu rapidement et ce qui est immuable. Le cerveau
Primitif est incapable de prendre en compte un concept comme « une
solution flexible », « une approche intégrée » ou « une architecture
évolutive », sans effort et scepticisme.
-Le cerveau
Primitif se souvient du début et de la fin.
Il oublie à peu près tout ce qu’il y a entre les deux points
d’un événement. Cette faculté très réduite d’attention à un énorme
impact sur la manière dont on doit construire et lui présenter les
messages pour le changement.
-Le cerveau Primitif est visuel.
Lorsque vous voyez
quelque chose qui ressemble à un serpent, votre cerveau Primitif
vous averti immédiatement du danger pour que vous réagissiez avant
même que votre cerveau Réflectif ait physiquement reconnu que
c’était un serpent. Le nerf optique est physiquement connecté au
cerveau Primitif et il est transmet 25 fois plus d‘information que
le nerf auditif.
-Le cerveau Primitif est fortement activé par les émotions.
Les neurosciences ont clairement démontré qu’une réaction
émotive provoque une réaction chimique dans le cerveau qui influence
directement la manière dont le sujet traite et mémorise les
informations.
2- Le
Cerveau limbique (Emotif)
Situé
au-dessus du reptilien, à la face interne des hémisphères cérébraux.
Préfère l'audition sur les autres sens. C’est un cerveau sensible
aux gestes et aux intentions plutôt qu'aux beaux discours (émotions
fortes), hypersensibilisé aux mimiques, aux comportements et aux
apparences. Il ne s'exprime pas verbalement (il est silencieux) mais
peut exciter le cortex qui lui, s'exprime par la parole.
Cerveau émotif, son rôle est de gérer l'affectivité et d'assurer la
maîtrise des émotions. Il permet l'affectivité; il nous permet de
nous occuper de nos enfants, d'avoir le sens de la famille et celui
du clan.
Il
mémorise les comportements agréables ou désagréables, il est le
siège des sensations, le lieu des émotions, de nos
sentiments : peur, tristesse, joie, déception,
frustration, attachement, jalousie, sympathie, désir, colère,
agressivité, chagrin, faim, soif, plaisir, tendresse, de nos
apprentissages : équilibre, marche, apprentissages
kinesthésiques..., de notre mémoire profonde : habitudes, savoir
inné... et engendre aussi chez l'être humain les certitudes
quant aux révélations et aux croyances, qu'elles soient vraies ou
fausses.
Il
assure notre survie par une bonne adaptation à
l'environnement social : empathie, statut social, intégration à un
groupe, convictions et croyances, sentiment de sécurité... C'est
aussi le lieu des mécanismes de motivation, réussites et échecs,
plaisir/déplaisir...
Sa
vitesse de réaction est plus lente que celle du cerveau reptilien.
Nous sommes conscients de nos réactions émotives, nous restons
absolument inconscients de leur signification. Comme notre
fonctionnement est plutôt inconscient, il demande beaucoup de
travail pour toute modification. Nos émotions s'expriment sans notre
contrôle : mal de tête, crampes, poil qui se hérisse, frissons... on
ne sait pourquoi, on n'analyse pas d'où cela vient.
Il
compare tout avec du vécu, nous pouvons dire qu'il nous donne le
sentiment du passé. Il stocke tous les souvenirs,
jouant un rôle essentiel dans la mémoire à long terme qui
assure la conservation des informations et est en quelque
sorte l'entrepôt des connaissances dont nous pourrions avoir besoin
éventuellement.
Lorsque nous nous laissons emporter et dominer par notre cerveau
limbique, nous parlons avec nos tripes. Sous son influence, nous
réagissons beaucoup à des souvenirs anciens, sans distanciation
(recul) et installons une communication à forte implication
affective... imperméable à toute logique, nous imaginons,
interprétons et ressentons des émotions fortes qui demeurent
solidement imprimées en nous. Les expériences du passé prennent un
poids excessif et induisent un comportement affectif de plaisir ou
de rejet, suivant leur association à une récompense ou à une
punition. C'est ainsi que nous adoptons des comportements spontanés,
et parfois incompréhensibles pour notre entourage, devant certaines
personnes ou certaines tâches ou obligations.
Si une
expérience éveille un blocage ou un sentiment de méfiance
(désagréable), cette émotion activera vraisemblablement le cerveau
reptilien et nos capacités de mise en œuvre, de raisonnement,
d'acquisition d'apprentissages seront fortement diminuées.
Si une
expérience intrigue et rend curieux (agréable
+), c'est le néocortex qui sera stimulé et les
capacités de notre cerveau seront utilisées au maximum. Donc, si
l'expérience a du SENS ou de la valeur à ses yeux,
il va relayer l'information du reptilien au néocortex.
Le cerveau
émotif, dans sa composante émotionnelle, est certainement le
plus mal connu à ce jour. Il est le lien
entre récepteurs et effecteurs périphériques, et centres corticaux
supérieurs. Localisé à la substance réticulée,
l'hypothalamus, le rhinencéphale, il joue un rôle de caisse de
résonance active, par le biais de fonctions neurophysiologiques,
chimiques, immunitaires et neuro-hormonales complexes et encore mal
identifiées. Ainsi se mettent en place les émotions, les sensations,
l’architecture des affects qui vont se marquer dans le corps et dans
les représentations. Il est une zone matricielle et germinative
indispensable au fonctionnement des deux autres cerveaux. Sans notre
cerveau émotif, les stimulations extérieures restent vides
d'imprégnation émotive et vides de sens pour le cerveau supérieur.
C'est la résonance émotive prise par une stimulation extérieure qui
va en permettre la mémorisation, et qui va en réaliser l'empreinte
déterminante pour le moulage des fonctions supérieures
discriminatives, intégratives, adaptatives en retour. L'aspect
émotionnel, par le canal des cinq sens, ajuste la réponse
comportementale, la renforce ou l’inhibe.
3- Le
néocortex (cerveau relationnel)
Situé
au-dessus des cerveaux reptilien et limbique, il comprend environ
80% de la totalité de la matière cervicale, ainsi que la plus grande
partie du cortex pensant, ou matière grise... C'est la centrale du
traitement de l'information. Il préfère la vision
sur les autres sens. Anatomiquement, il est divisé en deux moitiés :
hémisphères gauche et droit, occupant la partie supérieure et
frontale de la boîte crânienne. Chaque côté contribuant de manière
complémentaire est responsable du côté opposé du corps. La
communication entre les deux hémisphères cérébraux est rendue
possible par des faisceaux d'axones, ou commissures, qui les relient
entre eux. La plus volumineuse, appelée corps calleux, est composée
d'environ 200 millions d'axones qui passent d'un hémisphère à
l'autre.
Le
néocortex joue un rôle essentiel dans notre mémoire à moyen terme
qui emmagasine tous les événements significatifs qui jalonnent notre
existence, retient le sens des mots et les habiletés manuelles
apprises. Sa capacité semble illimitée et elle peut durer des jours,
des mois, des années, voire toute une vie ! Toutefois, elle est loin
d'être infaillible, elle déforme parfois les faits et sa fiabilité
tend à décroître avec l'âge.
Il est
la base fonctionnelle de l'imagination, de l'anticipation. Conscient
de nos émotions, nous les interprétons avec notre langage... avec
nos valeurs, nos pulsions primitives apprises, acquises...
Chez
presque toutes les personnes droitières et chez la plupart des
personnes gauchères l'hémisphère gauche se spécialise dans les
aptitudes langagières : parler, écouter, lire et écrire et
l'hémisphère droit se spécialise dans les habiletés spatiales :
reconnaître les directions, solutionner les casse-tête, dessiner et
reconnaître des objets familiers ou des gens.
Chaque
hémisphère est également divisé, par des sillons appelés scissures
et des replis appelés gyrus, en quatre lobes aux fonctions
spécifiques.
Lobes: temporal, occipital et pariétal.
Chacun est spécialisé dans la réception, perception et
interprétation d'une information sensorielle particulière :
entendre, voir et toucher. Comme ces lobes absorbent les
informations (par exemple, les sensations) du monde extérieur, on
les appelle les lobes «d'entrée des informations».
Lobe frontal :
intégration et réponse à l'environnement, lobe de «sortie». Il
reçoit et intègre les informations (par exemple, les sensations) des
autres lobes et détermine ensuite quelle est la meilleure façon
d'interagir avec l'environnement en se fondant sur les informations
sensorielles. Siège de notre pensée logique et de nos raisonnements.
C'est la partie adaptable de notre cerveau qui fait l'intelligence
de l'homme, qui nous rend humain. C'est là que les neurones
se connectent chaque fois que nous comprenons quelque chose.
Il
permet à l'Homme de penser à l'autre, d'être altruiste, de se sentir
responsable des autres : permet de créer et de nous projeter dans
l'avenir, assure le contact avec la réalité, permet la prise en
compte du présent et des faits nouveaux perçus par les sens pour
créer des situations nouvelles auxquelles il faudra apporter une
réponse efficace.
Il
imagine, il compare, il se tait, il se souvient, il oublie, il se
trompe, il revient en arrière... Il orchestre et équilibre
harmonieusement nos capacités de jugement et d'évaluation.
En
maîtrise de la situation, le néocortex est capable d'inhiber les
réactions primaires et émotives du reptilien et du limbique, il
permet aux instincts de s'exprimer avec politesse, il sublime la
fuite dans le retrait ou dans le rêve, et l'agressivité dans la
combativité ou l'affirmation de soi. En quelque sorte, il amortit et
filtre les automatismes des deux cerveaux anciens : reptilien et
limbique.
Mais
il est imaginatif, capable d'anticipation, il est fragile et
dépendant de son jugement, qui est relatif et parfois erroné. C'est
ainsi qu'il influence de manière bénéfique ou maléfique les
réactions du reptilien et du limbique. Il est capable de créer de
toute pièce un scénario tragique totalement imaginaire et de
déclencher ainsi l'agressivité du cerveau reptilien, Il peut
également sous-estimer un danger et empêcher les réactions d'alerte
de nos systèmes de défense.
En
effet, sous stress, le néocortex ne fonctionne plus efficacement,
ses deux hémisphères droit et gauche ne parviennent plus à
travailler ensemble; il analyse mal, hésite, n'anticipe plus. Si le
stress augmente, les réactions de fuite, d'agressivité ou
d'inhibition des cerveaux reptilien et limbique ne sont plus
inhibées et reviennent au premier plan.
Le cerveau rationnel
donne un sens
aux perceptions brutes véhiculées depuis l'extérieur.
Il réalise les opérations logiques, cognitives, d’intégration des
informations et d'anticipation. Il permet la programmation et
l'expression de toute activité humaine. Il met en place les
mécanismes permanents d’adaptation à la réalité, les contrôle et les
ajuste. C'est lui qui assigne un but et définit une stratégie
d’exécution pour les projets qu’il a conçu.
En résumé
Pour
fonctionner d'une manière optimale, notre cerveau reptilien a besoin
de se sentir en sécurité, et notre système limbique doit éprouver ou
anticiper un minimum de plaisir pour que le cortex puisse comprendre
l'information qui lui est fournie.
Dès
l'entrée des stimuli sensoriels à l'intérieur du reptilien, le
traitement s'effectue selon un registre de sécurité ou d'insécurité,
c'est-à-dire en évaluant s'ils constituent une menace pour notre
intégrité physique ou psychologique. Le système limbique prend le
relais et appréhende les stimuli qui lui parviennent à partir d'un
registre de plaisir ou de déplaisir, en cherchant dans sa mémoire
pour leur donner une signifiance. L'information parvient finalement
au cortex qui la traite en s'appuyant sur un registre d'adaptabilité
pour arriver à en comprendre le sens.
Leur
collaboration n'est pas toujours parfaite et leur
coordination manque parfois d'efficacité et de
cohérence, de là l'importance de bien comprendre nos trois cerveaux
pour arriver à gérer notre limbique et notre reptilien pour
que le lien avec le néocortex existe.
En
effet, une personne qui se trouve ou s'immobilise en cerveau
reptilien ou dans une émotion négative qui active le cerveau
reptilien, fait en sorte que l'information bloque et ne se rend pas
jusqu'au néocortex? Voici un exemple.
(Lecture La
théorie de Sperry :
Les deux cerveaux)
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