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PsyMaroc - Psychologie clinique. Approche cognitivo-émotionnelle et comportementale en médecine praticienne

 
 
     
   
 
 
 

Les Phobies simples

LA PEUR ET SES PATHOLOGIES

-La peur : émotion naturelle éprouvée en présence d’une menace réelle qui va déclencher des comportements de survie

-L’anxiété : peur chronique diffuse sans déclencheur particulier.

-La crise panique ou crise d’angoisse : extrême inquiétude face à un danger vague et imminent devant lequel on est impuissant. S’accompagne de réactions végétatives.

-Les phobies : peur spécifique poussée à l’extrême.

-Les troubles obsessionnels compulsifs (TOCs) : peur excessive qui pousse à des rituels répétitifs.

-Le stress post-traumatique : situation rappelant un événement traumatisant

Les modèles cognitifs du traitement de l'information mettent davantage l'accent sur le rôle des pensées et des croyances irrationnelles. La conception cognitive des troubles phobiques repose sur l'hypothèse d'une perturbation du traitement de l'information. Selon les modèles cognitifs, les pensées, les croyances, les auto-instructions sont responsables d'émotions angoissantes déclenchant la peur.

Les théories cognitives ont étudié les «schémas cognitifs de danger» stockés dans la mémoire à long terme par les sujets phobiques. Ceux-ci semblent sélectionner l'information en retenant du monde extérieur uniquement ce qui a trait au danger. Selon Beck et Emery (1985), les sujets anxieux «tunnelisent» leur perception de l'environnement et de leurs sensations physiques en fonction de processus cognitifs erronés. Ces dysfonctionnements de la pensée logique consistent en erreurs cognitives ou distorsions cognitives qui sont principalement l'inférence arbitraire, la généralisation, l'exagération des dangers et la minimalisation des situations sécurisantes; la personnalisation de tout ce qui peut avoir trait à la vulnérabilité individuelle.

A- Analyse fonctionnelle d'une phobie simple

Utiliser le questionnaire composite des peurs.

1- Contexte: il faudrait

-rechercher les antécédents qui ont précédés le déclenchement de la phobie;
-rechercher les épisodes évoquant le conditionnement classique;
-rechercher les expériences traumatiques conscientes ou inconscientes;
-évaluer le rôle des proches dans le déclenchement et le maintien de la phobie.

Le contexte diachronique peut être structuré autours de modèles parentaux anxieux et phobiques ("attention aux serpents!") et peut expliquer l'apprentissage de réactions émotionnelles inadaptées qui installent de mauvais modèles de maitrise de situations banales.

2- Comportement: évitement des situation phobogènes.

3- Cognitions: Il faudrait rechercher les facteurs déclenchant les phobies:

-rechercher les anticipations anxieuses et pensées de catastrophes qui apparaissent aux moments de l'affrontement.

-rechercher les éléments contra-phobiques qui permettent au patient d'affronter la situation

-lister les situations qui provoquent les réponses d'anxiété et d'évitement
-lister les cognitions négatives vis à vis des situations évitées
-évaluer le degrés d'anxiété des situations phobiques

4- Conséquences:

Les phobies mènent par conditionnement opérant à l'installation d'une anxiété et à l'évitement.

Exemple:

« J'étais assis dans ma voiture, coincé dans les embouteillages. Tout à coup, mon cœur s'est emballé, j'ai senti mes mains et mes pieds s'engourdir et c'était comme si je n'arrivais plus à respirer. Autour de moi, tout m'est apparu soudainement irréel et je me suis demandé si je n'étais pas en train de sombrer dans la folie, de mourir. Mes mains se sont mises à trembler violemment sur le volant. C'était comme s'il fallait que je sorte à tout prix de ma voiture et que je m'enfuie. J'étais complètement terrifié. »

B- Traitement des phobies simples

Au niveau thérapeutique, les techniques cognitives de restructuration cognitive visent à identifier et modifier les «croyances» irrationnelles, les distorsions cognitives, les schémas cognitifs de danger. Les thérapeutes recourent souvent aux techniques comportementales d'exposition qui s'avèrent très efficaces dans le traitement des phobies simples, des phobies sociales et de l'agoraphobie. En effet, plusieurs études (Cottraux, 1990) montrent que la thérapie cognitive seule, sans exposition aux situations anxiogènes est moins efficace que la thérapie comportementale par exposition dans les phobies simples.

1- Désensibilisation systématique: en 5-10 séances

-le sujet est d'abord relaxé par la méthode Schultz ou Jacobson

-on lui présente des stimuli hiérarchisés en imagination par suggestion de scènes d'anxiété

-l'anxiété est réduite par induction de la relaxation

-en fin de séance on provoque l'affrontement dans la réalité des situations désensibilisées

-on renforce le patient par approbation

2- Exposition graduée in vivo:

-sans relaxation

-permettre au patient de s'exposer à la situation phobogène afin de s'y habituer, de se familiariser ou de s'apprivoiser

-proposer au patient qui risque la lipothymie de contracter ses muscles lorsqu'il est confronté à la situation qu'il redoute pour augmenter la pression artérielle

3- Modeling de participation:

-sans relaxation, le sujet affronte en réalité et par étapes progressives la situation redoutée afin de s'y habituer

-le thérapeute peut au début accompagner le sujet et le précéder dans la situation, mais doit après laisser le patient s'autonomiser

 

psymaroc.com©2008 Dr. EL KAHLOUN, dernière mise à jour le 15 mai 2008|contact