La Consultation au CentreUne séance typeThérapie familiale

 
Thérapie conjugale, de Couples

L'effet positif de l'intimité sur la santé mentale et physique des adultes a déjà été démontré. Qui plus est, la vie conjugale et l'amitié sont, selon diverses études, les meilleurs prédicteurs de survie des individus, et cela au-delà notamment du statut socioéconomique et des pratiques de santé - cigarette, alcool, obésité, exercice. D'autres études montrent qu'une détresse conjugale élevée est associée à un affaiblissement du système immunitaire.

 

Les enquêtes sur la santé de la population montrent que le manque d'intimité chez les adultes est, parmi cinq dimensions du réseau de soutien, le meilleur prédicteur de dépression. Dans ce contexte, les recherches sur les conditions de survie des couples prennent toute leur importance.

 

                      La thérapie de couple : Guide d'information

Tous les couples ont des problèmes à un moment donné ou à un autre. Les difficultés qui surgissent entre les deux conjoints s'expliquent de bien des façons. Certaines résultent de causes externes (cohabitation avec les parents, perte d’emploi, maladie, conflit familial, etc.). D’autres découlent de la personnalité même des conjoints. Plusieurs peuvent aussi être liées à l’évolution naturelle du couple. Souvent, les deux conjoints peuvent résoudre leurs problèmes eux-mêmes. Cependant, il peut arriver qu’ils aient besoin de l’aide d’une tierce partie.

Le soutien psychothérapique s’adresse aux personnes qui ont de la difficulté à régler certains problèmes au sein de leur couple. Vous vous demandez peut-être si une thérapie de couple pourrait vous aider à résoudre certaines difficultés. Vous avez peut-être déjà décidé d’entreprendre une thérapie de couple, mais vous ne savez pas comment trouver un ou une thérapeute ou vous appréhendez la première séance. Ce site traite des questions que soulèvent régulièrement les couples qui se trouvent dans votre situation. Il aborde aussi quelques questions qui surgissent fréquemment au cours de la thérapie.

Contrairement aux thérapies individuelles où le travail interprétatif vise les processus psychiques d'une personne, dans les psychothérapies de couple l'activité interprétative concerne un autre domaine complexe, celui où s'articule la dynamique du couple.

Le système de communication sera essentiellement concerné puisque la thérapie de couple impose le face à face. En plus de la parole, le thérapeute utilisera souvent le regard et son attitude comme mode d'intervention. Il incitera le participant hésitant à parler car le travail d'élaboration se limite très vite si la parole est confisquée ou réservée à l'un des membres. Le thérapeute doit écouter celui qui parle en même temps qu'il observe et enregistre les messages non verbaux de l'autre (haussement d'épaules, attitude d'agacement…). Le thérapeute doit repérer les particularités habituelles de cette communication (discordance entre le contenu verbal et le ton - obséquiosité, condescendance, critique, sarcasme). Il doit par conséquence conserver une neutralité complète et ne doit pas faire alliance ou marquer une préférence avec l'un des deux membres du couple. Il doit également assurer à chacun des deux partenaires la possibilité de s'expliquer et de se déculpabiliser face aux accusations de l'autre partenaire. Il est nécessaire d'assurer un soutien narcissique à chacun afin d'éviter les risques de dépréciation de soi.

Le thérapeute est ainsi amené à reprendre souvent les affirmations du couple, exprimant ainsi ce que chacun ressent et vit face à son partenaire, de manière à ce que l'un et l'autre prennent conscience de l'impact de ses paroles et de ses comportements. La reformulation modulée et positive du thérapeute permet alors tous les aménagements nécessaires à la bonne dynamique du couple.

Lors d'une thérapie conjugale on peut apprendre à mieux communiquer, retrouver un langage commun et désamorcer certains mécanismes de défense, comme le classique «C'est pas moi, c'est toi» ou celui, plus subtil, qui consiste à reprocher à l'autre des faiblesses qu'on a nous aussi sans les reconnaître.

«On idéalise souvent la relation amoureuse, et la psychothérapie permet de construire une vision plus réaliste du couple, explique pour sa part Micheline Dubé, psychologue spécialisée en psychothérapies conjugales. Les divergences d'opinions et les moments difficiles sont des réalités inévitables de l'intimité. Des gens qui se plaignent que leur couple est devenu routinier prennent parfois conscience du fait que leurs rituels - par exemple, de préparer le café de son conjoint tous les matins - les rassurent et leur manqueraient s'ils ne les avaient plus. La psychothérapie peut donc contribuer à transformer son regard, à amener de la tendresse dans la relation. Elle permet aussi d'évaluer sa capacité d'engagement et de soutien: "Suis-je capable de dire non à une sortie entre amies pour accompagner mon conjoint pendant les moments difficiles? Et moi, est-ce que je me sens entendue?" Et, finalement, la psychothérapie sert à mesurer la force de mon désir et de mon amour.»

Les couples consultent assez souvent pour des problèmes reliés à la sexualité, mais sans qu'ils le montrent explicitement. C'est tout à fait compréhensible puisque la sexualité concerne les émotions autant que le corps et qu'il y a donc plus de chances d'y transposer nos difficultés. Mais il y a aussi la situation professionnelle, qui peut changer la disponibilité des partenaires, ou des aventures extraconjugales ou encore des mésententes à propos de l'éducation des enfants.

Généralement, à la première rencontre, les gens parlent du motif pour lequel ils consultent. On peut leur poser des questions sur leur motivation et leur expliquer dans quoi ils s'embarquent en les prévenant qu'inévitablement, comme dans toutes psychothérapies, certains changements surviendront dans leur couple. Lors de cette première rencontre, on établit aussi des objectifs qui nous donnent une idée de la durée potentielle de la thérapie. De cette façon, le client rentre chez lui avec une meilleure compréhension de ce qu'il traverse.

Pendant une séance de 50 minutes, par exemple, les problèmes sont réglés un par un et les deux conjoints disposent d'un temps de parole équitable. Il est nécessaire que les gens confient leur perceptions, qu'ils parlent d'eux-mêmes et non qu'ils reviennent sur ce que l'autre a dit. Souvent, les partenaires racontent chacun leur version d'un même événement et le psychologue joue le rôle de modérateur. Tous les psychologues ne recommandent pas des exercices à leurs clients. Toutefois, la plupart leur demandent au moins de porter attention, dans leur quotidien, aux points abordés lors des rencontres

   

Le principe de la méthode

Selon leur école et leur formation, les thérapeutes de couple vont utiliser des méthodes et des techniques différentes pour comprendre la problématique du couple et changer ce qui perturbe la relation.

En général, la thérapie du couple s'articule autour de deux axes :
-il s'agit d'une part que chacun puisse prendre conscience d'une dimension appelée " transgénérationnelle " : chaque membre du couple est porteur d'une histoire singulière, avec la culture et les rituels qui lui sont propres; chacun est inconsciemment beaucoup plus fidèle à ses traditions familiales qu'il ne l'imagine et reproduit à son insu des schémas relationnels hérités de sa famille d'origine.

Il se produit alors des heurts entre des modes culturels de fonctionnement qui sont différents.
-l'autre axe de la thérapie se situe dans " l'ici et maintenant " : comment chacun communique avec l'autre en séance, comment faciliter le dialogue, comment faire émerger les demandes et les attentes de chacun, comment chacun peut imaginer une relation de couple qui le soutienne et non qui le détruise.

Mony Elkaïm, célèbre thérapeute du couple et de la famille, a conceptualisé un modèle d'intervention avec les couples qui reprend bien les deux aspects précédemment cités : il appelle programme officiel la demande explicite du couple et carte du monde les croyances intérieures de chacun héritées de leur histoire.

Prenons l'exemple de Kamal et Khadija ; ils consultent ensemble un thérapeute de couple et exposent leur programme officiel.
Khadija trouve son mari trop distant, pas assez affectueux ; " j'aimerais qu'il soit plus proche de moi "
Kamal, qui exerce un métier moins prestigieux que sa femme, ressent que sa femme se moque de lui ; il se méfie d'elle et l'espionne en permanence. Sa demande est " je voudrais qu'elle me prenne en considération "

Il apparaît rapidement les éléments suivants relatifs à leur carte du monde:
Khadija a été abandonnée par son père à l'âge de quatre ans ; elle est convaincue que tout homme avec qui elle vit pourrait à son tour l'abandonner : " l'abandon est inévitable ".

Kamal a eu un père brutal et méprisant qui l'a toujours traité de bon à rien ; il se méfie des gens et se sent facilement persécuté par son entourage : " je serai toujours rejeté ".

Si Kamal tente de se rapprocher de Khadija, il répond à son programme officiel mais non à sa carte du monde ; elle ne peut supporter cette proximité et elle le repousse.
S'il s'éloigne de son épouse, il obéit à sa carte du monde mais non à son programme officiel ; elle lui reproche alors son manque d'attentions

Il se produit ce que l'on appelle une double contrainte réciproque : quelle que soit l'attitude de chacun, l'autre ressentira une insatisfaction.
Les tourments qu'ils s'infligent mutuellement confortent chacun dans ses croyances profondes et bloque toute possibilité de changement.
La thérapie mettra en évidence ces doubles contraintes et permettra au couple, en dépassant ce qui les bloque dans le passé, d'inventer ensemble de nouvelles alternatives dans le présent : il s'agit d'une co-évolution.
 

psymaroc.com©2008 Dr. EL KAHLOUN, dernière mise à jour le 20 mars 2008|contact