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La Sémiologie comportementale
La sémiologie se définit comme la science des signes
observés lors d’un examen clinique, que ce soit à l’entretien ou lors des examens psychologiques. La
connaissance de signes et des symptômes, ainsi que leur organisation
est essentielle dans le diagnostic d’un trouble psychopathologique du fait que celui-ci résulte de l’organisation
des signes recueillis en syndromes et de l’organisation
des syndromes en maladie.
1.1. Troubles de la présentation
La présentation est ce que l’on saisit d’emblée dans
la rencontre avec l’autre. Il faut être attentif à la tenue vestimentaire qui, bien que dépendante de la mode,
met en avant des signes d’inadaptation
avec l’âge,
au sexe biologique,
aux impératifs
sociaux (tenue
débraillée ou nudité dans certains états d’agitation), voire un
maniérisme exagéré (chez certains schizophrènes).
1.2. Troubles de la mimique
L’attention doit également se porter aux mimiques
qui traduisent par l’expression du visage et le regard les états émotionnels du sujet. On rencontre ainsi des
hypermimies
(mimiques exagérées), ou
à l’inverse des
hypomimies (paucimimies et amimies) et des
dysmimies
(mimiques discordantes,
mimiques d’emprunts).
1.3.
Les troubles
psychomoteurs
Sur le plan moteur, on doit être sensible à l’agitation,
aux impulsions
(besoins impérieux
d’accomplir soudainement un acte), à la stupeur,
à la catalepsie
(perte de
l’initiative motrice) aux parakinésies (mouvements anormaux qui parasitent les mouvements normaux), aux
tics,
et enfin aux
stéréotypies (mouvements répétitifs que l’on rencontre surtout dans états schizophréniques
sévères).
1.4. Troubles de l’expression verbale (voir
troubles du langage)
Plusieurs signes doivent être distingués dans le
mesure où ils relèvent de tableaux de nature tout à fait différente. Le langage peut être perturbé sur un
plan neurologique dans le cas des aphasies (aphasies de Broca, aphasies de Wernicke).
Les troubles peuvent se rencontrer dans la dynamique
du discours avec des signes. Ainsi la logorrhée
(surabondance de parole, que l’on rencontre par
exemple dans certains accès maniaques), la verbigération
(dévidage automatique de suite de mots sans liens associatifs
que l’on observe surtout chez les schizophrènes), le mutisme
(total ou partiel, il peut également marquer
l’hostilité du patient pour la situation d’examen ou pour
l’examinateur lui-même). Nous pouvons rajouter des signes comme le
mutacisme
(silence volontaire que
l’on rencontre chez des sujets de types simulateurs dans des situations
critiques), le
bégaiement, la palilalie (répétition incoercible de syllabes de mots ou de phrases). La dynamique du
discours peut également être parasitée par des impulsions verbales (coprolalies)
ou par l’écoute d’interlocuteurs imaginaires (dans le cas
d’hallucinations)
Du point de vue de la syntaxe, notons également
l’agrammatisme
qui consiste à parler
en style quasi télégraphique.
Enfin, au niveau de la fonction sémantique du
langage, il convient de distinguer les paralogismes (mots appartenant à la langue courante mais détournée de
leur sens habituel), les néologismes vrais
(qui sont de véritables créations de mots qui n’ont de sens que pour le
sujet) et qui vont donner corps chez certains schizophrènes à la création d’un véritable paralangage ou à une glossolalie (langage privé)et enfin dans un
registre moins psychotique et proche du normal, nous pouvons relever les lapsus qui révèlent l’émergence de
désirs inconscients refoulés.
1.5. Troubles des conduites instinctuelles
1.5.1. Troubles du contrôle sphinctérien
La perte ou la perturbation des fonctions
sphinctérienne (énurésie, encoprésie) peuvent être passagères ou durables, nocturnes ou diurnes et s’observent le
plus souvent chez l’adulte dans des états pathologiques très régressés pouvant aller jusqu’au barbouillage
excrémentiel ou à la coprophagie.
1.5.2.
Perturbation du sommeil
On observe plusieurs troubles du sommeils tels que
les insomnies,
les hypersomnies
les perturbations de l’activité onirique ( cauchemars à répétition,
delirium tremens). Notons également que la chambre à coucher est un lieu particulier est que certains patients s’y
réfugient tout au long de la journée (claustromanie),
ou restant étendus sur leur lit (clinophilie).
1.5.3.
Perturbation des conduites alimentaires
Nous pouvons être sensibles aux restrictions
alimentaires aux
refus
alimentaires, aux
excès de nourriture ou de boissons. Il faut alors distinguer
plusieurs signes comme la sitomanie de Magnan (compulsion à manger d’énormes quantités de nourriture), la phagomanie (habitude de manger entre les
repas), la
gloutonnerie
(rencontré dans des tableaux de débilité), la boulimie,
les perversions
alimentaires, la dipsomanie
(impulsion à absorber de grandes quantités de boissons,
généralement alcoolisées), la potomanie et enfin les tendances toxicophiles.
1.5.4.
Comportement sexuel et amoureux
Il faut distinguer les perversions (déviation de l’instinct sexuel
de reproduction) des perturbations de la réalisation de l’acte sexuel. Notons ici , la masturbation,
l’impuissance
et la
frigidité.
1.6.
Troubles des conduites sociales
Les troubles des conduites sociales sont articulés à
des notions telles que le passage à l’acte,
le suicide,
les
fugues (fugues inconscientes, fugues
conscientes, errances), les vols pathologiques,
les attentats aux
mœurs ou l’homicide.
1.7. Troubles de la conscience de soi
Ces troubles centrent l’attention sur le vécu de la
personne dans le rapport à son corps et dans son appréhension de la réalité.
1.7.1. Troubles du schéma et de l’éprouvé corporel
Ces troubles apparaissent dans des tableaux
neurologiques dont les troubles varient en fonction du lobe touché. Notons également la sensation de « membre
fantôme » que l’on
observe fréquemment chez les personnes ayant été amputées. On rencontre également dans
certains tableaux non neurologiques des altérations ciblées de certaines sensations corporelles. Ainsi, dans
l’hypochondrie cette altérations de l’éprouvé corporel peut tourner
au
délire d’organe.
1.7.2. La dépersonnalisation
Il s’agit du sentiment qu’éprouve le sujet de ne
plus être lui-même. Cette sensation peut porter sur l’intégrité somatique (désincarnation),
sur la conscience de la personnalité (désanimation),
soit sur le monde extérieur (déréalisation).
Les dépersonnalisations n’ont pas de spécificité
étiologique : elles peuvent être se produire chez des sujets normaux (elles sont alors transitoires), suite à
l’absorption de certaines drogues (LSD), ou dans des tableaux névrotiques. La dépersonnalisation schizophrène est
un phénomène à part.
1.8.
Troubles de la vigilance
Il faut ici distinguer les troubles de l’attention
qui peut être augmentée (hyperprosexie) ou diminuée (hypoprosexie ou aprosexie), les troubles de la
vigilance. On distingue alors :
l es troubles
quantitatifs de la vigilance et les troubles qualitatifs de la
vigilance.
1.9.
Troubles de l’humeur
L’humeur (thymie en grec) intéresse les champs les
plus divers de l’activité psychologique. Ses fluctuations et ses changements sont présents dans la vie
normale. Des variations pathologiques existent, comme l’humeur dépressive,
l’humeur
expansive ou l’indifférence
thymique.
1.10. Troubles des perceptions (voir
troubles des perceptions)
Ces troubles intéressent la façon de percevoir,
c’est-à-dire, les modalités d’intégration des différents sens et de la représentation psychique que le sujet s’en
fait. On distingue plusieurs troubles, tels que la déréalisation
(où en absence d’altération de la perception sensorielle,
l’objet est perçu comme bizarre, étrange ou insolite), les variations quantitatives (un bruit faible apparaît fort,
les couleurs semblent plus vives) que l’on peut observer dans des
états confusionnels, toxiques ou maniaques (acuité plus
importante des perceptions), mais aussi dépressifs (décoloration, fadeur) mais aussi les synesthésies (lorsqu’une perception
sensorielle entre en correspondance avec d’autres sens).
Toutefois, le principal trouble des perceptions est
les fausses
perceptions à savoir
les illusions
(on parle d’illusion lorsqu’un objet réel n’est pas correctement perçu)
et les
hallucinations (perceptions
sans objet).
On distingue deux grands types d’hallucinations :
les
hallucinations psychosensorielles dans lesquelles le sujet perçoit la sensorialité (visuelle, auditive,
olfactive, gustative, tactile, cénesthésique) d’un objet qui
n’existe pas et lui accorde une spatialité et présente une
conviction de la réalité de cet objet ; les hallucinations
psychiques (dont l’automatisme mental de G. de Clérambault) qui sont
des hallucinations verbales, des voix intérieures, dans lesquelles il n’y a pas de sensorialité (ce sont des
pensées qui sont perçues), pas de subjectivité (le sujet ne
reconnaît pas le contenu de ces pensées imposées) et qui sont
ressenties comme une intrusion dans la sphère la plus intime et la plus personnelle (la pensée) du sujet. Les plus
fréquentes sont le
syndrome d’influence (des actes et des pensées sont imposés au sujet qui vit sous l’influence d’une
autre personne) et
l’automatisme mental qui comporte des phénomènes de dédoublement mécanique
de la pensée ( écho
de la pensée, de la lecture ou des actes, énonciation des gestes et intentions, commentaires des actes et des
pensées) ainsi que le triple automatisme
moteur, idéique et idéoverbal
(mouvements parasites, déroulement incoercible de la
pensée, déplacements imposés, sensations parasites, etc).
1.11. Troubles de la mémoire
La mémoire est une des fonctions importantes du
psychisme. Elle permet de retenir, de conserver et d’évoquer des informations (connaissances) et
expériences relatives au passé (souvenirs). Son fonctionnement est sous-tendu par l’activité de systèmes cérébraux
(formation réticulée, système limbique) mais aussi par des mécanismes psychologiques (refoulement).
On distingue 3 grands troubles mnésiques:
1.11.1. Les amnésies
Il existe plusieurs types d’amnésies. L’amnésie de
fixation est l’incapacité à intégrer de nouvelles informations. L’amnésie d’évocation
est l’incapacité de
remémorer une information normalement fixée. L’amnésie de conservation désigne l’effacement définitif
des souvenirs.
L’amnésie antérograde porte à la fois sur la fixation et l’évocation. L’amnésie lacunaire
porte sur une période
précisément délimitée dans le temps.
Ces différents troubles se rencontrent dans des
tableaux organiques (amnésies organiques transitoires, d’étiologie souvent vasculaire ou traumatique,
amnésies organiques définitives dont la plus connue est le syndrome de Korsakoff ou diverses encéphalopathies).
D’autres, prolongements de la vie quotidienne, se rencontrent dans
les pathologies mentales classiques comme l’amnésie
élective ( » les oublis » de la vie quotidienne qui sont sous-tendus sur un plan psychanalytique par le refoulement,
l’amnésie hystérique, ou l’amnésie post-traumatique).
1.11.2. Les paramnésies
Les paramnésies sont des distorsions de la mémoire.
Plusieurs signes sont ici à distinguer. Les ecmnésies
(hallucination de la mémoire) sont des intrusions
dans la conscience du sujet de souvenirs ressentis et vécu comme appartenant à l’expérience actuelle. Le sentiment de déjà vu
est l’impression pour le
sujet d’avoir déjà vu ou vécu la scène dans laquelle il se trouve. La fausse reconnaissance
est un phénomène dans
lequel le sujet reconnaît pour familières des personnes inconnues. Le sentiment d’étrangeté
est l’expérience de
conscience inverse ; le sujet ne reconnaît plus des lieux ou des personnes qui lui
sont familiers.
1.11.3. Les hypermnésies
Les hypermnésies sont une augmentation des capacités
de mémoire. Généralement, elle s’observe chez des sujets qui ont un très bon niveau intellectuel.
Toutefois, il existe des distorsions entre les capacités mnésiques
et les autres fonctions intellectuelles dans un certains
nombres de tableaux cliniques (autisme, oligophrénie).
1.12.
Les troubles de la pensée
Deux catégories de troubles sont à distinguer : les
troubles du cours de la pensée et les troubles du contenu de la pensée.
1.12.1. Troubles du cours de la pensée
Le déroulement de la pensée peut être altéré dans
son rythme
(accélération ou tachypsychie (dont les phénomènes de fuite des idées), ralentissement ou
brachypsychie)
mais aussi dans sa
continuité dans
lesquels la pensée n’est plus coordonnées. Ainsi dans la
schizophrénie, on rencontre les phénomènes de barrage
(pathognomoniques de la schizophrénie) dans lequel
la pensée est brutalement interrompue au milieu d’une phrase (arrêt dans le discours) pour être reprise quelques
instants plus tard. Le fading mental
est un phénomène voisin
dans lequel il n’y a pas d’arrêt, de rupture, mais une
stase, un ralentissement, une suspension.
1.12.2. Troubles du contenu de la pensée
On distingue ici plusieurs catégories de troubles.
1.12.2.1. La pensée déréelle
Si à l’état normal, elle se rencontre dans le rêve,
la rêverie ou la création artistique, l’infiltration de contenus fantasmatiques dans la pensée trouve dans la pensée déréistique
du schizophrène la seule
voie possible d’organisation de la pensée, tant les données
subjectives organisent la réalité objective (objectivable par tous).
1.12.2.2
Les distorsions
cognitives
Il y a distorsion cognitive chaque fois que nous
interprétons les faits de façon décalée par rapport à la réalité.
Les quatre principaux mécanismes de distorsion cognitive sont les
suivants : sélection arbitraire - raisonnement dichotomique (tout ou
rien) - sur-généralisation - inférence arbitraire.
1.12.2.3 Les pensées automatiques (pensées
dysfonctionnelles)
1.12.2.4 Les postulats silencieux
Les postulats silencieux sont des attitudes
fondamentales profondes qui sont sous-jacentes aux pensées
négatives, elles-mêmes à l’origine des émotions négatives (trop)
fortes.
Ce sont, selon A.T. Beck, des pensées plus abstraites que les
pensées négatives, et généralement inconscientes. Les postulats
silencieux représentent l’expression d’idées anciennes et
profondes : les « schémas
cognitifs ».
On découvre ses postulats silencieux en se posant la question « Et
alors ? Si c’est vrai, en quoi cela me gêne-t-il ? ». Le Dr
Burns appelle cette méthode la « flèche verticale », parce qu’on
travaille sur la deuxième dimension du tableau.
Ceci ne signifie pas qu’on admet la pensée négative, mais qu’on en
explore simplement les conséquences.
1.12.2.5. Les idées fixes
Ce sont des idées qui viennent parasiter la pensée
de par leur intensité. Elles envahissent tout le champ intellectuel et capte tout le champ attentionnel (monoidéisme).
Contrairement aux obsessions, elles ne sont pas vécues comme intrusives ou non-conformes au Moi.
1.12.2.6. Les obsessions
Elles sont définies comme l’intrusion dans la pensée
d’un sentiment ou d’une idée en désaccord avec le Moi conscient et ce malgré les efforts que fait le sujet
pour s’en débarrasser. Elles présentent un caractère assiégeant (obsidere) et se déroulent dans un contexte anxieux
(lutte anxieuse contre l’obsession). On en distingue plusieurs formes dont les obsessions idéatives
(intoxication par une
idée, une suite d’idées, de mots ou de chiffres à thématiques généralement morale, religieuse ou
métaphysique), les
obsessions phobiques (crainte obsédante liée à une situation reconnue comme absurde que le sujet ne
peut chasser de son esprit), les phobies d’impulsion
ou obsessions impulsives (qui sont la crainte obsédante
pour le sujet de commettre un acte absurde, scandaleux oudélictueux, ou dangereux).
1.12.2.7.
Les phobies
La phobie se définit comme la crainte déclenchée par
des situations ou des objets n’ayant pas eux-mêmes de caractère objectivement dangereux. L’angoisse
disparaît en l’absence de l’objet ou de la situation. On distingue
les phobies en fonction de situations où elles se
produisent (endroits clos dans la claustrophobie,
grands espaces ou rues dans l’agoraphobie,
moyens de transport) ou des objets qui la déclenchent (phobies de
animaux, zoophobies, desinstruments tranchant, etc.)
1.12.2.8. Les idées délirantes
Les idées délirantes sont caractéristiques de
l’aliénation mentale. Un délire se caractérise par un mécanisme
et une thématique.
Le mécanisme peut-être interprétatif
(distorsion du jugement),
hallucinatoire
(altération des
perceptions),
imaginatif (fabulation) ou intuitif (l’idée délirante s’impose au
sujet). Le mécanisme organise le délire.
Les principales thématiques sont les suivants :
idées de
persécution (le sujet
se croit persécuté ou se plaint de préjudices moraux, physiques ou matériels visant
son intégrité, son honneur, ses biens, etc.), idées de grandeur,
idées d’influence (le sujet se croit soumis à des
forces extérieures), idées mystiques ou
religieuses
(particulièrement fréquentes et qui s’apparentent
parfois aux idées d’influence), idées de jalousie,
érotomanie
(conviction délirante d’être aimé), idées d’indignité
(dépréciation,
dévalorisation),
idées de négation (négation d’organes, de membres, de fonctions somatiques ou
d’objets extérieurs, ou d’événements du passés).
1.13. Troubles du jugement
Le jugement est l’activité psychologique qui permet
de reconnaître les rapports entre les différentes croyances (logique, raisonnement, autocritique,
etc.) Les troubles du jugement les plus fréquents sont la facilitation du jugement (dans les états maniaques
notamment) souvent liée à l’hypervigilance, les carences du jugement
qui peuvent être passagères ou définitives, réversibles
ou définitives,
les distorsions du jugement que l’on rencontre très souvent chez les sujets délirants avec
notamment le
rationalisme morbide (rationalisation systématique, froide et pseudo-logique type du schizophrène qui rend le
raisonnement hermétique et flou), la fausseté du jugement
(qui chez le paranoïaque va conduire à un raisonnement
logique à partir d’un postulat faux), l’interprétation
(un jugement faux porté sur une perception exacte).
1.14.
Troubles de la
personnalité
Le DSMIV parle de troubles
de personnalité et de traits de personnalité : " Les traits de
personnalité désignent des modalités durables d'entrer en relation
(…), de percevoir et de penser son environnement et soi-même, qui se
manifestent dans un large éventail de situations sociales et
professionnelles. Les traits de personnalité ne constituent des
troubles que lorsqu'ils sont rigides et inadaptés et qu'ils causent
une souffrance subjective ou une altération significative du
fonctionnement"..
1.15. Organisation du diagnostic
Le diagnostic s’inscrit dans une logique
différentielle dans laquelle il ne s’agit pas uniquement d’affirmer pour quelles raisons un diagnostic est porté. Il
faut également argumenter pourquoi telles où telles autres entités
ont été écartées.
En effet, nous venons de voir dans ce survol
sémiologique que certains signes sont présents dans plusieurs tableaux cliniques et peuvent donc évoquer tel ou
tel diagnostic.
1.14.1. Diagnostic sémiologique
La logique en est la suivante. Les signes et les
symptômes sont regroupés en syndromes. Les syndromes sont regroupés en maladies. Des classifications
existent comme nous l’avons vu précédemment.
1.14.2. Discussion diagnostique
Il faut ici être attentif au fait que certains
signes et certains syndromes appartiennent à plusieurs maladies.
Toutefois, la plupart des tableaux cliniques
comportent des éléments pathognomoniques qui permettent de les distinguer d’entités plus ou moins voisines. Les
arbres de discussion diagnostique du
DSM IV sont un outil qui permet d’orienter la discussion diagnostique.
En Résumé
Le diagnostic sémiologique se définit à partir des
signes qui sont recueillis au travers des motifs de consultations, des antécédents (personnels et
familiaux), de l’anamnèse , de l’histoire de la maladie, de l’examen
du comportement, de la pensée, de l’affectivité, des
traits de personnalité, des éléments médicaux et de l’évolution des troubles. Ces signes sont recueillis grâce à
l’observation au recueil de renseignements d’autres personnes ou
d’autres sources, d’examens psychométriques et d’entretiens.
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