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Schémas, croyances
et distorsions cognitives
Schémas cognitifs
Le concept de "schéma",
surtout introduit par Beck, est central aux modèles cognitifs. Les
schémas sont les croyances (connaissances) de base
stables, inconscientes, dans la mémoire à long terme,
qui constituent la
vision et la compréhension qu'a un individu de lui-même, du monde et
des autres. Ces croyances s'élaborent à partir des expériences
vécues au cours de la vie. Les expériences de l'enfance sont
particulièrement marquantes pour l'élaboration des schémas.
- Elles attachent une signification personnelle aux
évènements.
- Elles induisent un traitement de l’information selon le
mode de l’assimilation: elles s’auto-valident.
Les schémas cognitifs sont au plus profond des croyances et des
convictions intimes de l’individu. Ils se sont façonnés au cours de
l’histoire du sujet et à partir de son patrimoine biologique
personnel, au moyen de ses capacités de perception, d’attention, de
mémoire... . Ils sont la résultante des expériences vécues et de
l’intériorisation précoce de règles familiales, sociales,
culturelles qui lui ont été transmises, et passées au crible de ses
propres perceptions. Il en résulte tout un réseau de croyances, de
règles de vie et de conduite qui tissent la trame la plus profonde
de l’individu et lui font moduler à la fois comportements, émotions,
modes de pensée.
Les schémas cognitifs sont inconscients, non directement
perceptibles par l’individu, ils fonctionnent automatiquement sans
passer par le champ de sa conscience. Ils peuvent être activés par
exemple par des événements de vie et/ou des émotions rappelant les
conditions dans lesquelles ils ont été élaborés. Ils s‘expriment
alors par les voies rationnelles, comportementales et émotionnelles
qu’ils inspirent et qui les identifient. Les processus cognitifs
sont les opérations mentales permettant à la fois de les décoder, de
les exprimer, de les valider ou de les modifier.
Les
schémas ne
sont pas pathologiques par eux-mêmes, mais deviennent
dysfonctionnelles quand ils sont rigides, et conduisent à une
souffrance. (voir
rigidité des schémas selon Young)
On parle de schémas de base (inconditionnels), croyances
intermédiaires (schémas conditionnels), règles et
postulats.
La
personne "en santé" a des croyances de base adaptées et relatives
(je suis une personne raisonnablement compétente; le monde présente
des dangers mais est relativement sécure; les gens peuvent être
bienveillants, neutres ou malveillants envers moi, etc.). La
personne qui présente un
trouble de la
personnalité, au contraire, détient des croyances extrêmes,
négatives, globales et rigides (je suis incompétent, mon univers est
hors de mon contrôle, les gens sont indignes de confiance, etc.).
A un moment particulier, selon le contexte et les événements, un
schéma peut être activé ou il peut être "dormant" ou à quelque part
entre les deux. Une fois activé, un schéma (ou un ensemble de
schémas, une contingence) constitue la base à partir de laquelle un
individu interprète et réagit à la réalité qu'il vit. Chez une
personne présentant un trouble de la personnalité, certains schémas
sont activés, à tort, dans un très large éventail de situation. Une
personne présentant un trouble de la
personnalité
évitante, par exemple, peut avoir un schéma de danger et de
menace activé même lorsqu'elle se trouve avec des gens supportants,
ce qui influence alors l'interprétation des agissements de ces gens
(ils ne me trouvent pas intéressant). Cette interprétation détermine
ses réactions émotives (anxiété) et ses comportements (retrait). Une
personne
narcissique peut se conduire de façon compétitive alors qu'elle
travaille dans un contexte égalitaire. La
personne
histrionique peut se conduire de façon théâtrale dans une
entrevue pour un emploi.
Chaque trouble de la personnalité repose sur un ensemble spécifique
de croyances et de comportements qui les accompagnent. Par exemple,
la personne
dépendante croit qu'elle est incompétente et incapable de se
débrouiller seule. Alors, elle a tendance à sur-développer des
stratégies pour compter sur les autres et éviter les décisions et
les défis importants. Elle ne développe pas suffisamment l'autonomie
et la capacité de prendre des décisions. La personne évitante croit
qu'elle n'est pas digne d'amour ou de considération et qu'elle est
vulnérable. Elle a tendance à éviter l'intimité, les critiques et
les émotions désagréables. Elle manque d'ouverture, d'affirmation et
de tolérance émotionnelle. La
personne
obsessionnelle-compulsive croit que son monde peut se
désorganiser et met donc beaucoup d'emphase sur les règles, la
responsabilité et le contrôle. Elle manque de spontanéité,
d'insouciance et de flexibilité. La
personne
borderline partage plusieurs croyances rigides et négatives avec
d'autres troubles de personnalité (je suis inadéquat, je suis
fautif, je suis vulnérable, je suis impuissant, je vais être
abandonné), ce qui conduit à des comportements extrêmes.
La conscience des
schémas
La personne pour qui un ou des schémas représentent un problème n'en
a souvent pas conscience. Soit parce que les croyances associées à
ces schémas lui semblent tellement naturelles et évidentes qu'elles
ne sont pas remarquées, soit parce qu'elle évite ou contre-attaque (voir
rigidité des schémas). Toutefois, ces schémas déterminent
l'interprétation des situations que la personne vit, c'est-à-dire ce
qu'elle se dit au sujet de ces situations. Ces interprétations sont
des pensées observables donc plus facilement accessibles à la
conscience. Elles sont communément appelées
"pensées automatiques". Par exemples: qu'est-ce que
les gens vont dire?; il faut que tout soit fait à temps; comment
osent-ils me traiter ainsi?; il se désintéresse de moi; je ne suis
pas capable de rester seule, etc.. Les pensées automatiques manquent
souvent d'objectivité. Elles sont logiques par rapport aux croyances
sous-jacentes mais elles sont souvent inexactes dans la situation
vécue.
Ces
interprétations de la réalité déterminent les émotions et les
comportements. Par exemple, la personne obsessionnelle-compulsive
peut être anxieuse dans une situation où elle craint de ne pas
performer assez bien. Ce qui peut l'amener à prendre trop de temps
et d'énergie, à dépasser ses limites et à négliger d'autres besoins
pour que tout soit parfait dans les moindres détails, etc.. La
personne narcissique peut devenir agressive si elle n'obtient pas un
traitement de faveur. C'est l'observation des pensées automatiques,
des réactions émotives et des comportements qui peuvent mettre la
puce à l'oreille concernant les croyances qui les sous-tendent.
LES SCHÉMAS INADAPTÉS DE YOUNG
Young identifie 18 schémas inadaptés, qu'il appelle
des
schémas précoces d'inadaptation, qui sont
sous-jacents à un ou plusieurs troubles de la personnalité.
Remarquez que quelqu'un peut toutefois posséder un ou quelques uns
de ces schémas à différents degrés (plus ou moins rigides et activés
facilement) sans rencontrer tous les critères pour qu'un trouble de
la personnalité puisse être diagnostiqué. Ces schémas se développent
tôt dans l'enfance selon l'expérience vécue et continuent à
s'élaborer tout au long de la vie en servant de base pour
l'interprétation de la réalité. Ils sont pris pour acquis et
considérés comme irréfutables par la personne. Il existe des
mécanismes qui contribuent au maintien des schémas de telle sorte
que certaines problématiques qui ont leur origine dans l'enfance
peuvent se maintenir longtemps dans la vie adulte.
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5 DOMAINES DES BESOINS |
5 DOMAINES DES SCHEMAS |
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1. La sécurité liée à
l’attachement aux autres (qui comprend : la stabilité, la sécurité, l’éducation attentive
et l’acceptation) |
1. Déconnexion: Rejet et perte
du lien |
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2. L’autonomie, la compétence
et le sens de l’identité |
2. Altération de l’autonomie et
des performances |
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3. La liberté d’exprimer ses
besoins et ses émotions |
3. Sur-connexion; dépendance |
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4. La spontanéité et le jeu |
4. Hypervigilance; inhibition |
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5. Les limites et
l’autocontrôle |
5. Manque de limites |
Nos schémas les
plus courants:
- Ma valeur dépend de l’amour des autres :
carence affective, dépendance
- Ma valeur dépend de l’estime des autres :
assujettissement
- Les autres doivent approuver tout ce que je
fais de bien:
exigences élevées
- Je dois tout faire parfaitement: imperfection
- La moindre erreur est grave: vulnérabilité
- Je dois tout maîtriser: échec
- Je dois me débrouiller seul (e) : tout
m'est du
- Dans la vie je dois tout réussir
Respecter les schémas:
En
général très positifs, nos schémas cognitifs nous ont
aidé à réaliser beaucoup de choses dans la vie. Ils ont
contribué à "façonner" nos "Copings", nos stratégies
d'actions, de pensée, et nous avons à les réutiliser
systématiquement. Nous cherchons toujours à rétablir un
"accord" avec nos schémas qui risquent alors de nous
tenir parfois en "esclavage".
mais les
assouplir:
1.-Conséquence
du schéma : à quoi me sert-il?
2.-Réévaluer
la pertinence de nos " Copings »
3.-Remettre
en question les contrats personnels
4.-Se
dégager des aspects trop exigeants du schéma,
privilégier ses aspects positifs: quand est-on
"suffisamment "en accord avec nos schémas?
5.-Evidence
Pour/Contre
6.-Utilité
court terme / long terme
7.-Avantages
/ désavantages
Les
distorsions sont des outils que l'individu
utilise pour distordre la réalité pour lui
permettre d'appréhender les événements et de
leur donner une signification qui soit en accord
avec son schéma profond.
Les
10 distorsions cognitives les plus fréquentes:
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-la
minimalisation / maximalisation |
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-la
pensée dichotomique |
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-la
sur-généralisation |
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-l'abstraction sélective |
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-la
boule de cristal |
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-l'effet télépathe "mind reading" |
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-la
masturbation je dois, il faut |
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-la
personnalisation |
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-le
raisonnement émotionnel |
|
-l'étiquetage |
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