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PsyMaroc - Psychologie clinique. Approche cognitivo-émotionnelle et comportementale en médecine praticienne

Psychologie clinique    
   
 
 
 
 

 Les tests en psychologie clinique

Les tests et les échelles sont les outils les plus spécifiques en psychologie clinique. Il s’agit de « situations standardisées servant de stimulus à un comportement qui est évalué par comparaison statistique avec celui d’individus placés dans la même situation afin de classer le sujet soit quantitativement, soit typologiquement » (P. Pichot, Les tests mentaux, Puf, 1986)

       1. Test cognitifs

Les tests cognitifs permettent d’étudier les capacités intellectuelles des personnes examinées. Le plus connu est le Weshler Adulte Inventory Scale (WAIS) qui permet de dégager un Quotient Intellectuel à partir d’épreuves standardisées dont certaines sont verbales (épreuves verbales) et d’autres non verbales (tests de performances). Ces deux types d’épreuves permettent le calcul d’un QI Verbal et d’un QI Performance. La différence entre les deux scores permet de voir si les deux champs cognitifs sont homogènes ou s’ils sont hétérogènes. Selon les cas, l’étude de l’homogénéité des résultats aux différents items, suivra une méthodologie différente. Toutefois, dans tous les cas de figure, un profil cognitif va pouvoir être mis en évidence.

Le calcul des différents QI se fait sur la base des résultats bruts obtenus à chaque épreuve qui sont ensuite convertis en « notes standards », selon une grille propre à chaque tranche d’âge. La somme des notes standards à chaque type d’épreuve permet de lire dans un autre tableau le QIV ou le QIP. Le QI Total étant lui calculé sur un tableau par addition de toutes les notes standards.

Certaines notes standards permettent aussi de calculer un Coefficient de Détérioration qui signe la probabilité pour le sujet de présenter une détérioration mentale, c’est-à-dire une perte de ses capacités intellectuelles.

Sur le plan clinique, il est intéressant de constater que chacune de ces épreuves (verbales aussi bien que performances) mobilisent plusieurs aptitudes cognitives, ce qui permet de faire des regroupements intéressant pour isoler par exemple l’influence du niveau culturel ou du milieu socioculturel d’appartenance de la personne.

     2. Tests de personnalité

Il existe plusieurs tests de personnalité en psychopathologie de l’adulte. Deux tests cependant se dégagent tant d’un point de vue historique que de celui de la fréquence de leurs utilisations, qu’au niveau de la qualité des renseignements qu’ils apportent ; ce sont le test de Rorschach et le Thematic Aperception Test de Murray.

             2.1. Le test de Rorschach

Le test de Rorschach est composé de 10 planches où sont reproduites des taches d’encre. Le jeu de planches est standardisé et comporte 5 planches noires (I, IV, V, VI, VII) deux planches rouges (II et III, qui comportent des taches de couleur rouges coexistant avec les taches noires) et 3 planches couleurs (VIII, IX et X) La consigne est de demander au sujet de dire ce que chaque planche lui évoque. Chaque réponse à chaque planche est alors cotés selon une nomenclature précise. Il est à noter qu’à l’heure actuelle en France, le système de cotation et d’interprétation du Rorschach fondée sur une approche psychodynamique psychanalytique (C. Chabert, 1983), n’est pas reconnu par l’ensemble de la communauté scientifique internationale qui utilise principalement le système de cotation mis au point par J Exner.

Les deux système de cotation se rejoignent sur un certains nombres de points. Ils proposent tous les deux un engramme mettant en avant les conditions (au sens rhétoriques du terme) de la réponse : quand ? où ? comment ? quoi ?

Il faut donc tenir compte du moment où la réponse a été produite, de sa localisation (réponse globale, détail, petit détail, détail rare, détail blanc etc), du déterminant de la réponse (induite par la forme de la tâche, la couleur, le mouvement) et le contenu de la réponse (catégorie dans laquelle la réponse peut entrer). Les différents éléments de ces cotations sont résumés dans le psychogramme, tableau synthétisant le % de tel ou tel type de réponses. Les deux systèmes obéissent à des nomenclatures différentes.

Les divergences principales résident dans les méthodes d’interprétations. Ainsi à partir d’études d’un très grand nombre de cas « normaux» et pathologiques le « système Exner» veut fonder son interprétation à partir de « profils » obtenus au psychogramme, tandis que la méthode classique française s’attache plus à repérer la dynamique conflictuelle du protocole, en appuyant son raisonnement sur la métapsychologie psychanalytique. Il semblerait que ces deux positions soient toutes deux fondées sur les travaux d’Hermann Rorschach luimême qui dans son manuel d’utilisation du test proposait lui-même une nomenclature à son test « d’associations libres ».

L’analyse du Rorschach permet d’apporter des éléments importants en termes de structure sur les bases de l’organisation des percepts (internes et externes) et de la capacité à mettre du sens sur des stimuli sans signification.

           2.2. Le TAT

Le TAT (Murray, 1938, 1943) propose un jeu de 20 planches sur lesquelles sont représentés (sauf pour 3) des personnages humains en situation. La consigne est de demander au sujet d’imaginer une histoire à partie de ce matériel perceptif.

Les interprétations tiennent compte des thématiques évoquées dans les planches, aux caractéristiques anxiogènes des histoires, de l’ajustement au stimulus, de la nature conflictuelle des histoires et de leur fin (modalités de dégagement du conflit). Une attention particulière est accordée au héros de chaque histoire car il est souvent soustendu par des mécanismes d’identifications. Le TAT reflète donc l’univers fantasmatique du sujet.

Une tentative, assez largement adoptée en France, a été fait par Vica Shentoub de mettre en évidence des procédés d’élaboration du récit (PER) regroupés en plusieurs catégories selon la nature conflictuelle du récit (conflictualisation interpersonnelle, intrapersonnelle, a-conflicutalisation) et l’ajustement aux stimuli (émergences en processus primaire). Chaque catégorie trouvant dans la pathologie avérée (hystérie, obsession, phobie-état-limite, psychose) des expressions plus ou moins caricaturales et radicales.

L’interprétation des protocoles de TAT ne se fait pas uniquement sur la base des procédés d’élaboration du récit. Le matériel recueilli est avant tout à entendre comme du discours et à ce titre il peut faire l’objet d’interprétation psychanalytique en termes de mécanisme de défense, d’angoisse, de fantasme, de problématique (oedipienne ou préoedipienne), de relation d’objet.

Le TAT permet d’apporter des éléments psychopathologiques importants en termes de capacité de fantasmatisation

psymaroc.com©2008 Dr. EL KAHLOUN, dernière mise à jour le 18 avril 2008|contact