Trouble obsessionnel-compulsif
(TOC)
« Je suis obsédé par la
crainte de faire du mal aux autres par un acte
involontaire. J’ai peur d’avoir blessé quelqu’un par mes
propos malveillants ou inutiles et de rendre cette
personne très malheureuse. Ou j’ai peur d’avoir quitté
la maison en laissant une cigarette allumée ou un
appareil en marche et de causer une explosion qui
pourrait détruire ma maison et tout le quartier. Cette
crainte me force à tout vérifier plusieurs fois avant de
sortir de chez moi puis à rentrer de nouveau pour faire
une dernière vérification. »
Le trouble
obsessionnel-compulsif est un trouble anxieux grave et
débilitant qui afflige environ un adulte sur quarante, ce
qui en fait une maladie aussi répandue que la schizophrénie
et le trouble bipolaire. Il se place au quatrième rang parmi
les troubles psychiatriques les plus fréquents. Le trouble
obsessionnel-compulsif existe dans le monde entier et touche
aussi bien les hommes que les femmes. En général, le trouble
obsessionnel-compulsif se manifeste de manière progressive.
Chez les deux tiers environ des personnes touchées par un
trouble obsessionnel-compulsif, cette affection a commencé
au cours de l’adolescence ou pendant les premières années de
l’âge adulte.
Les répercussions du trouble
obsessionnel-compulsif sur la qualité de la vie d’un
individu sont énormes. Ce trouble peut perturber chaque
aspect de la vie d’une personne, notamment sa façon de
penser, ses sentiments et son comportement. Les symptômes du
trouble obsessionnel-compulsif peuvent varier de légers à
graves et, habituellement, s’intensifient ou s’atténuent au
fil du temps. Dans les cas graves, qui concernent peut-être
20 pour 100 tout au plus des personnes diagnostiquées, des
obsessions et des compulsions peuvent meubler la journée
entière et entraîner une déficience importante.
Souvent les personnes atteintes
d’un trouble obsessionnel-compulsif vivent ainsi pendant de
nombreuses années avant que cette affection ne soit
diagnostiquée et traitée. Heureusement, le traitement est
maintenant très accessible et peut réussir à alléger de
manière tout à fait satisfaisante le fardeau qu’entraîne
cette maladie accablante et dévastatrice.
Tout le monde a des ennuis de
temps à autre. Il arrive à tous de s’inquiéter d’un problème
professionnel, scolaire, financier ou médical ou de s’en
faire pour une connaissance ou un membre de la famille. Mais
les personnes qui ont un trouble obsessionnel-compulsif
peuvent se laisser gagner par l’inquiétude de manière
permanente et intense. Leurs soucis ne
sont pas ceux auxquels on s’attend normalement ; ils n’ont
rien à voir avec les problèmes de la vie quotidienne.
Lorsqu’une personne est gagnée
par l’inquiétude, on parle d’« obsession
». Les obsessions
sont des pensées non provoquées ou « intrusives », des
besoins ou des images qui reviennent sans cesse à l’esprit.
Les personnes ayant un trouble obsessionnel-compulsif savent
que leurs obsessions sont des inventions irréalistes de leur
imagination, dont elles ne peuvent se défaire, devant
lesquelles elles sont impuissantes et qu’elles ne
parviennent pas à oublier. Elles perçoivent leurs obsessions
comme quelque chose d’inacceptable et parfois de répugnant.
Souvent, pour soulager leur souffrance et leur anxiété, les
personnes atteintes d’un trouble obsessionnel-compulsif
adoptent des rites.
Beaucoup de gens ont des rites
ou des façons de faire particulières. Certains d’entre nous
lisons notre journal en nous levant, le matin, ou disposons
nos crayons et nos gommes à effacer dans un ordre
particulier sur notre bureau. Chez les personnes touchées
par un trouble obsessionnel-compulsif, ces rites peuvent
devenir des fixations et se poursuivre pendant des heures.
Même si la personne sait que ces rites n’ont pas de sens,
elle se sent contrainte de les exécuter continuellement.
Poussés à cette extrême, les rites deviennent des «
compulsions ».
Parmi les compulsions courantes,
notons la propreté et les vérifications excessives
ou les
rites mentaux tels que la prière et le besoin de répéter des
mots ou de compter. Ces activités ou ces pensées aident à
calmer l’appréhension et l’anxiété associées aux obsessions.
Les personnes atteintes d’un trouble obsessionnel-compulsif
souffrent de leurs pensées obsessionnelles et de leur
comportement compulsif. Elles évitent parfois les situations
qui risquent de déclencher des symptômes et, sachant que
leurs pensées et leurs actions sont irréalistes, elles ont
parfois de la difficulté à communiquer leurs préoccupations
ou à rechercher de l’aide pour résoudre leurs problèmes.
Selon l'approche
comportementale classique, les rituels obsessionnels
résultent d'un trouble de l'habituation et
motivent le recours aux techniques d'exposition et à la
technique de désensibilisation systématique de Wolpe.
L'exposition
aux situations génératrices d'obsessions et de rituels
améliore 50 à 78 % des patients traités selon les
études. Toutefois, le modèle comportemental est apparu
incapable de rendre compte de la complexité des
phénomènes obsessionnels et s'est enrichi de l'approche
cognitive.
Selon l'approche
cognitive, le sujet obsessionnel présente une
perturbation spécifique du traitement de l'information.
Les interprétations cognitives des obsessions et des
compulsions mettent l'accent sur les postulats et les
croyances développées par le sujet. Les thérapeutes
d'orientation cognitive distinguent quatre niveaux
différents dans l'analyse des obsessions compulsions:
-Le sujet souffrant
d'obsessions ou de compulsions a des
pensées intrusives
déplaisantes, non souhaitées, répétitives qui sont
des phénomènes normaux vécus par chacun d'entre nous
mais qui, chez le sujet obsessionnel, sont l'objet d'une
interprétation particulière.
Ces intrusions sont interprétées comme une indication de
responsabilité: le sujet est convaincu qu'il a la
responsabilité d'un tort causé à autrui.
-La
pensée intrusive obsédante active des schémas de
danger
(schéma
cognitif) présents dans la mémoire
à long terme. Ces schémas attribuent un sens de
danger et d'alerte à la pensée obsédante normale ou
banale. Ces schémas accréditent la pensée obsédante
banale au lieu de la rejeter comme chez les sujets
normaux. Il en résulte une pénibilité émotionnelle, une
dysphorie anxieuse, une souffrance que le rituel tente
d'atténuer. Ce rituel confirme que l'obsession
représente un danger réel contre lequel il faut lutter.
Un terrible cercle vicieux débute.
Le modèle cognitif de
Salkovskis (1985) du Trouble Obsessionnel Compulsif
postule que la
responsabilité serait le schéma qui
déclencherait l'obsession pathologique. La
responsabilité se différencie de la culpabilité du sujet
dépressif
qui surestime sa responsabilité dans les éléments
négatifs du passé. La responsabilité est
définie comme «la croyance qu'on a le pouvoir-clé de
produire ou d'empêcher subjectivement des conséquences
négatives cruciales, ces conséquences pouvant se
manifester dans le monde réel, ou se situer à un niveau
moral» (Salkovskis, 1999). Le schéma de
responsabilité énonce des injonctions comme celles-ci: «on
doit toujours être vigilant par rapport aux dangers que
l'on peut soi-même provoquer, sinon, on est responsable.
Tout danger doit être contrôlé. »
Les interprétations des
intrusions en termes de responsabilité entraînent: une
augmentation de l'anxiété et de l'état dépressif;
-
une focalisation de l'attention accrue sur les
intrusions;
-
des tentatives actives contre-productives visant à
réduire les intrusions ou à alléger la
responsabilité d'où les réponses de neutralisation
comportementale ou cognitive que représentent les
compulsions;
-
la recherche de réassurance afin de partager la
responsabilité,
-
des tentatives individuelles incessantes pour se
débarrasser de ces pensées.
-Les schémas cognitifs
de culpabilité et de responsabilité automatiques
fonctionnant de manière non consciente
aboutissent à une
interprétation négative de toutes les pensées
intrusives. Le sujet développe
différents systèmes de neutralisation tels que des actes
mentaux (compter, réciter) ou des actes moteurs destinés
à
annuler la culpabilité (lavage, nettoyage) ou destinés à
transférer la responsabilité sur d'autres (demande de
réassurance). Une pensée automatique
acceptable par le sujet tente de neutraliser l'angoisse
déclenchée par la pensée intrusive.
La lutte entre la pensée intrusive inacceptable et la
pensée automatique neutralisante constitue l'obsession.
-Le
rituel
est un comportement qui vise à neutraliser
l'angoisse et le sentiment de culpabilité.
Paradoxalement, c'est la solution obsessionnelle qui
devient le problème. Les réponses de neutralisation
ne réussissent pas à réduire l'anxiété mais augmentent
les préoccupations entraînant le sujet dans une spirale
de pensées intrusives et de réactions ritualisées
inadaptées.
Selon l'approche cognitive,
les personnes seraient prédisposées à effectuer des
évaluations particulières sous forme de croyances ou de
postulats appris dès l'enfance ou formés à la suite
d'événements inhabituels ou extrêmes. Les postulats
cognitifs caractéristiques chez les sujets obsessionnels
énoncent par exemple les croyances suivantes:
-penser à une action c'est
la réaliser (fusion de la pensée et de l'action);
-les pensées peuvent influencer le monde extérieur
(omnipotence des pensées).
Certains postulats sont
associés à certains symptômes obsessionnels ou
compulsionnels spécifiques:
-un sens aigu de la
responsabilité est souvent associé aux symptômes de
lavage et de vérification;
-un sens excessif de l'influence personnelle est souvent
associé à la pensée superstitieuse.
La notion d'inflation de la
responsabilité comme élément causal du Trouble
obsessionnel compulsif n'est pas partagée par la
communauté thérapeutique cognitivo-comportementale.
Sauteraud (1998) considère que la responsabilité qui
concerne les dangers (scandale, contamination, erreur et
catastrophe) que le sujet pourrait provoquer ou prévenir
concerne plus la description clinique que l'étiologie du
trouble.
Cottraux (1995) a
proposé un nouveau modèle cognitif des obsessions
compulsions qui repose sur les notions
d'impulsivité perçue et de compulsivité compensatoire.
Un traitement erroné de l'information
entraîne le sujet à apprécier négativement ses capacités
à résister à des pensées ou à des impulsions
antisociales banales. Le sujet lutte contre ses
intrusions mentales par des neutralisations mentales ou
motrices.
La compulsion résulte du doute, de l'incertitude sur
l'autocontrôle et la peur de mettre en actes la pensée
impulsive. Les patients obsessionnels doutent de
leur capacité à se maîtriser et à résister au passage à
l'acte antisocial (impulsivité) ce qui déclenche l'hypercontrôle
(compulsivité). Ils corrigent leur impulsivité par
une compulsivité altruiste (pensée et actes de
neutralisation). Selon Cottraux, le rétablissement de
l'autocontrôle perçu est l'un des effets des traitements
cognitivo-comportementaux. Cette nouvelle élaboration du
Trouble obsessionnel compulsif montre le cheminement
dynamique dans lequel se positionnent les thérapeutes
d'orientation cognitivo-comportementale et confirme la
complexité de la pathologie obsessionnelle.
Obsessions courantes
Les craintes qui caractérisent
les obsessions suivantes entraînent généralement une anxiété
immédiate. Voici un aperçu des obsessions les plus répandues
:
-Contamination
- crainte de contamination
par la poussière, les microbes ou d’autres maladies (par
exemple, par une poignée de main)
- crainte de sa propre
salive, de son urine, de ses excréments, de son sperme
ou de ses sécrétions vaginales
-Doutes constant
- crainte d’avoir accompli
ou omis d’accomplir une action qui pourrait être
préjudiciable (par exemple, éteindre le four, blesser
quelqu’un dans un accident de la circulation ou oublier
de fermer une porte à clé)
- peur de commettre une
erreur
-Ordre
- peur que les choses ne
soient pas « exactement à leur place » et s’affoler
lorsque des objets sont déplacés ou touchés
- accent mis sur
l’exactitude et l’ordre
-Obsessions religieuses
- crainte d’avoir des
pensées blasphématoires
- préoccupation par des
images et des pensées religieuses
-Agressivité
- crainte de se blesser
(par exemple, en mangeant avec un couteau ou une
fourchette,en manipulant des objets pointus ou en
marchant à proximité de vitres)
- crainte de faire du tort
à quelqu’un (par exemple, provoquer une intoxication
alimentaire,faire du mal à un bébé, pousser une personne
devant un train ou vexer quelqu’un)
- crainte de laisser
échapper des obscénités en public
-Obsessions sexuelles
- pensées, images ou
envies interdites ou non désirées (par exemple, images
pornographiques récurrentes)
- pensées évoquant des
rapports sexuels avec des enfants ou des parents
- crainte d’être
homosexuel
-Compulsions
La plupart des gens ayant des
obsessions pratiquent des rites excessifs (compulsions). Le
fait de céder à ces compulsions ne leur procure aucun
plaisir mais peut les aider à atténuer leur anxiété ou leur
détresse. Les compulsions peuvent être très rigides et
engendrer des démarches complexes. Elles ne sont pas reliées
de manière réaliste à ce qu’elles visent à conjurer ; leur
caractère démesuré dépasse parfois la raison. Voici une
liste partielle de compulsions courantes :
-Nettoyage/lavage
- se laver les mains trop
souvent comme s’il s’agissait d’un rite ; se doucher ;
prendre des bains ; se brosser les dents ; faire sa
toilette souvent ou suivant une pratique détaillée
;nettoyer des articles ménagers ou d’autres objets
- éviter les situations et
les objets que l’on croit « contaminés »
-Vérifications
- s’assurer qu’on ne nuit
ni à soi, ni à autrui ; s’assurer que rien de terrible
ne se produise et qu’aucune erreur ne soit commise
-Ordre/rangement
- s’assurer que tout est
comme il faut ou conforme à une règle spécifique, qu’il
s’agisse de draps de lit ou de notes de bureau
-Accumulation
- collectionner des
articles selon toute vraisemblance inutiles, par exemple
du papier, des revues, des serviettes, des bouteilles ou
des ordures
- être incapable de se
débarrasser de ces articles
« Les choses continuent
de rentrer dans mon appartement sans jamais en sortir.
Tout est si pêle-mêle que je ne crois même pas savoir ce
que j’ai. PERSONNE n’est entré chez moi depuis des
années. Je suis persuadé que mes propriétaires me
mettraient à la porte s’ils voyaient l’état de mon
appartement. Souvent j’ai peur qu’un incendie ne se
déclenche. Je n’ose pas allumer de bougies, et pourtant
je les adore. J’ai peur de rencontrer quelqu’un qui me
plaise car je ne pourrais jamais amener cette personne
chez moi et elle serait aussi dégoûtée de moi que je le
suis moi-même. »
Diagnostiquer le trouble
obsessionnel-compulsif
Beaucoup de gens ont des pensées
importunes, des soucis et des habitudes comportementales. Il
nous arrive d’entretenir des pensées désagréables, de nous
tracasser inutilement pour ceux qui nous sont chers ou de
nous ronger les ongles. Cependant, le diagnostic du trouble
obsessionnel-compulsif ne peut être exact que si l’on sait
faire la distinction entre ces comportements et l’état
psychique réel qu’engendre le trouble
obsessionnel-compulsif. Dans le DSM IV : Manuel diagnostique
et statistique des troubles mentaux, l’American Psychiatric
Association définit comme suit le trouble
obsessionnel-compulsif :
Les caractéristiques
essentielles du trouble obsessionnel-compulsif sont des
obsessions ou des compulsions récurrentes qui sont
suffisamment graves pour entraîner une perte de temps
(elles prennent plus d’une heure par jour) ou un
sentiment marqué de souffrance ou une déficience
importante. À un certain stade de l’évolution du
trouble, la personne reconnaît que les obsessions ou les
compulsions sont excessives ou déraisonnables, mais cela
ne s’applique pas nécessairement aux enfants. (DSM-IV,
1996, p. 491)
Les cliniciens savent utiliser
les examens psychiatriques et les questionnaires qui
permettent de déterminer la gravité des obsessions et des
compulsions, ainsi que la mesure dans laquelle ces symptômes
font souffrir la personne et perturbent sa vie quotidienne.
Avant de poser un diagnostic de trouble
obsessionnel-compulsif, les cliniciens s’assurent d’écarter
ou d’exclure la possibilité que les problèmes correspondent
davantage à l’un des autres troubles mentionnés aux
paragraphes suivants. Il convient cependant de noter que le
trouble obsessionnel-compulsif et bon nombre de ces troubles
peuvent coexister.
Autres troubles anxieux courants
- Trouble panique (crises
de panique) accompagné ou non d’agoraphobie (peur de
quitter des lieux sûrs)
- trouble anxieux
généralisé (anxiété ou inquiétude excessive pour des
préoccupations quotidiennes telles les finances ou la
santé)
- phobie sociale (peur de
se sentir mal à l’aise ou humilié en société)
- phobie spécifique (peur
d’une situation ou de quelque chose de particulier, tel
que les araignées ou les hauteurs)
- état de stress
post-traumatique (peur et anxiété que la personne revit
lors d’un flashback rappelant un événement traumatisant)
- trouble anxieux dû à une
affection générale (un examen médical pourrait écarter
cette possibilité)
- trouble anxieux dû à une
toxicomanie (anxiété directement reliée aux effets d’une
drogue telle la cocaïne)
Autres troubles
-Personnalité
obsessionnelle-compulsif
La majorité des personnes ayant une personnalité
obsessionnelle-compulsive n’ont pas de trouble
obsessionnel-compulsif, bien que ces deux troubles soient
communément confondus. Les gens qui ont une personnalité
obsessionnelle-compulsive ont des traits de caractère qui
dénotent un perfectionnisme extrême, une indécision, une
préoccupation pour les détails et les règles, ainsi qu’un
besoin d’obtenir ce qu’ils veulent de leur famille, de leurs
amis et de leurs collègues. Affichant une dévotion exagérée
pour leurs activités professionnelles, ils sont souvent
considérés comme des bourreaux de travail. Consciencieux à
l’excès, ils montrent peu de réaction ou d’affection envers
les autres et sont souvent « mesquins ». Bien que la plupart
des personnes ayant un trouble obsessionnel-compulsif disent
avoir un ou même deux traits laissant supposer une
personnalité obsessionnelle-compulsive, pour poser un tel
diagnostic, il faut que la personne ait cinq traits qui
soient caractéristiques de ce type de personnalité et qu’il
y ait des différences nettes et importantes entre les deux
diagnostics.
-Dépression
Lorsque les gens sont déprimés, il leur arrive souvent de
ruminer les fautes du passé et ce qu’ils considèrent comme
des échecs. Contrairement aux personnes touchées par un
trouble obsessionnel-compulsif, qui éprouvent un sentiment
de détresse et le besoin de neutraliser ou de chasser des
pensées ou des images récurrentes, une personne déprimée
rumine souvent son état dépressif afin d’en mieux comprendre
les causes et les conséquences. Les autres symptômes de la
dépression – comme la perte d’intérêt pour ses activités, la
fatigue et les changements d’appétit et de poids – sont plus
faciles à distinguer de ceux qui caractérisent le trouble
obsessionnel-compulsif, bien que souvent ils puissent
coexister.
-Trichotillomanie
(manie dépilatoire)
La trichotillomanie est l’habitude de s’arracher les
cheveux. Contrairement aux compulsions propres au trouble
obsessionnel-compulsif, qui servent à atténuer la détresse
associée aux obsessions, les comportements compulsifs
caractéristiques de la trichotillomanie ne servent pas à
neutraliser des obsessions.
-Tics
Les tics sont des vocalisations ou des actes moteurs
soudains et brusques. Un peu comme la trichotillomanie, les
tics ne sont ni précédés d’obsessions ni destinés à réduire
une détresse obsessionnelle.
-Psychoses
Il y a une différence importante entre l’obsession (associée
au trouble obsessionnel-compulsif) et le délire (associé aux
troubles causant une psychose, par exemple la schizophrénie)
: contrairement à une personne qui est en proie au délire,
la personne qui a des obsessions est généralement consciente
de l’irrationalité de ses craintes. Les autres symptômes de
la schizophrénie, tels que les hallucinations auditives et
visuelles et les difficultés de la parole, ne sont pas
fréquents chez les personnes ayant un trouble
obsessionnel-compulsif.
Traitement
La thérapie cognitive
vise à:
-apprendre aux sujets à
observer leurs propres cognitions, émotions et solutions.
Les sujets sont incités à utiliser des fiches d'auto
enregistrement des pensées, des émotions et des situations;
-aider le sujet à mettre en
question ses systèmes irrationnels de pensée. Des techniques
de questionnement et de recherche de pensées alternatives,
divergentes sont apprises aux sujets;
-proposer au sujet des tâches
d'exposition et de prévention de la réponse ritualisée.
De nombreuses études concluent
que la thérapie cognitivo-comportementale associée à un
traitement médicamenteux se révèle le traitement le plus
bénéfique (Jenike, 1993). L'exposition et les techniques de
prévention de la réponse ritualisée donnent des résultats
satisfaisants chez 50 à 80 % des patients (Cottraux, 1989;
Fals, Lucente et Shafer, 1993) et le traitement se montre
efficace à long terme (3 à 6 ans selon Cottraux, 1989).