|
Si l'évolution de la plupart des troubles mentaux
et des conduites est sensible aux événements de vie (l'apparition et
la pérennisation d'un épisode est souvent associée à la survenue de
stress psycho-sociaux),
Les troubles de l’adaptation et les états de
stress post-traumatiques sont particuliers par le rôle spécifique et
central d’événements de vie stressant dans leur déclenchement et
leur maintient.
Troubles de l’adaptation
Troubles légers ou
transitoires d'une durée supérieure à celle des réactions aiguës,
classées sous 308, survenant à tout âge chez des sujets n'ayant
jamais présenté auparavant de troubles psychiques. Ces troubles sont
souvent relativement circonscrits ou propres à une situation;
généralement réversibles, ils durent seulement quelques mois. lis
sont en général étroitement liés dans le temps et dans leur nature à
des situations éprouvantes, deuil, migration ou séparation. Les
troubles réactionnels à des situations très éprouvantes (stress
important) d'une durée supérieure à quelques jours appartiennent
également à cette rubrique. Chez les enfants, les troubles de cette
nature ne sont pas associés à une modification notable du
développement.
Ces troubles se situent aux frontières du normal
et du pathologique.
Ils apparaissent rapidement (au plus
tard trois mois) après un ou plusieurs facteurs de stress clairement
identifiables venant déborder les capacités d’adaptation du patient
et ils cessent spontanément dans les six mois qui suivent leur
disparition.
La durée totale de l’épisode permet de
différencier les troubles chroniques (plus de 6 mois à partir du
début de l’épisode de stress) et aigus (moins de 6 mois). Les
troubles de l’adaptation sont caractérisés par l’apparition de
symptômes cliniquement significatifs dans les registres émotionnels
ou comportementaux, sans pour autant remplir les critères
diagnostiques d’autres troubles anxieux, de l’humeur ou des
conduites.
Le caractère pathologique du trouble se manifeste
par une souffrance marquée ou bien par une altération du
fonctionnement social, professionnel, plus importante que celle qui
était attendue compte tenu de la nature et de l’intensité du facteur
de stress. Les troubles de l'adaptation sont fréquents en
consultation psychiatrique ambulatoire (5 à 10 %) et parmi les
patients hospitalisés pour des problèmes médicochirurgicaux. Le
facteur de stress identifiable étant alors souvent la survenue d’une
maladie physique. Les Troubles de l’Adaptation peuvent survenir à
tout âge et sont plus fréquents chez les femmes (2/3 des formes
adultes).
Les symptômes peuvent être variables et
intéressent différents registres :
· émotionnel :
anxiété, tristesse
· comportemental
:
opposition, fugue, inhibition sociale,
isolement, actes délictueux, abus de médicaments ou de toxiques
(tabac, alcool, drogues), comportement suicidaire.
· Plaintes
non-spécifiques associées à l’anxiété et à l’humeur dépressive
: céphalées, douleurs musculaires, insomnie,
fatigue, sensations de tension ou de déséquilibre, troubles
fonctionnels digestifs, cardio-vasculaires ou respiratoires,
difficultés de concentration et d’attention, troubles de la mémoire
à court terme, intrusions de pensée, ruminations mentales, baisse de
l’efficience scolaire ou professionnelle
Le facteur de stress peut être unique ou multiple
; être récurrent ou continu, toucher une seule personne, une famille
entière, ou bien un groupe plus large voire une communauté. Certains
facteurs de stress sont associés à des étapes spécifiques du
développement et de la vie (entrée à l’école, départ du milieu
familial, mariage, maternité et paternité, retraite, veuvage,…). Les
facteurs de stress les plus régulièrement retrouvés sont néanmoins
communs (difficultés scolaires ou sociales, problèmes familiaux ou
sentimentaux, difficultés professionnelles, usage de toxiques, …).
Il est important de noter que certains événements de vie à priori
non traumatisants (déménagement, promotion, naissance) peuvent être
à l’origine de troubles de l’adaptation chez certains sujets
vulnérables. Malgré le flou sémiologique qui le caractérise, le
trouble de l’adaptation demeure l’un des diagnostics les plus
souvent portés chez l’adulte (10%).
L’apparition d’un trouble de l’adaptation est
souvent favorisée par la coexistence d’un trouble de personnalité
qui limite les capacités de réaction aux événements à certaines
conduites stéréotypées. Cependant si ces symptômes apparaissent chez
un patient présentant un trouble anxieux ou dépressif spécifique
préexistant, c’est ce diagnostic et non celui du trouble
d’adaptation qui devra être porté. Le trouble de l’adaptation doit
aussi être distingué de la pathologie post-traumatique,
réactionnelle à des événements majeurs et de ce fait moins
dépendante des variabilités individuelles.
Pathologies post-traumatiques
Le terme de traumatisme est utilisé pour désigner
un événement stressant majeur d’intensité objective variable, mais
constamment associé à vécu subjectif de violente agression, à
l’origine d’un sentiment intense de débordement et d’impuissance. Du
point de vue clinique, on peut distinguer par ordre chronologique de
survenue : la réaction aiguë de stress (dans les suites immédiates
d’un événement ayant eu un impact émotionnel majeur et durant
quelques jours), troubles de l’adaptation, troubles anxieux ou
décompensation d’affections psychiatriques préexistantes et état de
stress post-traumatique.
Cette catégorie est essentiellement définie par
l’intensité relative de l’événement traumatisant dont les
conséquences sont susceptibles d’affecter un grand nombre de
victimes ou de témoins du fait de la menace objective représentée
pour leur intégrité physique ou psychologique : agressions, viols,
accidents, catastrophes, confrontations subites à la mort...
-Etat de stress aigu :
L’état de stress aigu dure de 2 jours à 4
semaines après l’événement traumatique et se développe dans les
suites immédiates du traumatisme. Son évolution est souvent
spontanément résolutive de 2 jours à 4 semaines. Il est centré sur
la répétition involontaire et stéréotypée de l’événement traumatique
(cauchemars, images récurrentes, ou de pensées intrusives). On peut
ainsi retrouver un syndrome de répétition complet.
Ces symptômes spécifiques sont généralement
accompagnés d’une anxiété permanente avec exagération de la réaction
de sursaut et hypervigilance, parfois source d’insomnie. Dans les
suites des traumatismes les plus violents, des symptômes
dissociatifs peuvent être observés : hébétude, mutisme, errance,
impressions de détachement, dépersonnalisation, déréalisation.
L’impossibilité de se souvenir de tout ou partie de l’événement
(amnésie lacunaire) en est une conséquence possible. Les symptômes
dissociatifs seraient associés à un risque accru d’apparition de
l’état de stress post-traumatique.
-
Etat de
Stress Post-Traumatique dont les
principales caractéristiques sont :
-Syndrome de répétition qui en est l’élément
central et quasi-pathognomonique ; souvenirs du traumatisme
répétitifs et intrusifs sous forme de flash-back dissociatifs,
hallucinations, illusions souvent visuelles. Ils peuvent être
déclenchés par des éléments actuels rappelant le traumatisme ou lors
de moments de relâchement (ennui en classe, T.V., endormissement).
Il peut être associé à la conviction que d’autres traumatismes se
produiront, un sentiment profond de vulnérabilité).
Les rêves répétitifs de certaines scènes
traumatisantes. Association à une hyperréactivité végétative
(tremblement, palpitation, dyspnée…), hypervigilance, sursauts.
-Comportements d’évitement : refus d’un trajet,
d’un lieu qui ressemble ou peut conduire au lieu du traumatisme,
tentative de blocage de certaines pensées associées.
-Symptomatologie anxieuse non spécifique :
plaintes somatiques, humeur dépressive…
-Fait suite à une réaction aigue prolongée ou
apparition décalée par rapport au traumatisme, jusqu’à 6 mois après.
L’état de stress post-traumatique n’est souvent
que la chronicisation d’une réaction aiguë de stress, mais peut
aussi survenir de manière retardée, (dans les jours ou les semaines
qui suivent). On peut retrouver de manière plus variable un certain
degré d’émoussement affectif, une tendance à l’isolement, au
détachement, ou une modification notable de la vision du monde,
éventuellement sous-tendue par des sentiments marqués de culpabilité
ou de rejet. Dans environ un tiers des cas, une évolution chronique
est à craindre. La probabilité de survenue de ce syndrome et son
pronostic dépendent en partie du terrain sur lequel survient le
traumatisme : comorbidités avec d’autres troubles psychiatriques,
troubles de personnalité.
- D’autres
types de troubles (adaptation,
dépression, trouble panique, phobies,...) sont également
susceptibles d’apparaître après un traumatisme violent, soit
isolément, soit en association avec ces manifestations.
|