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TROUBLES DE LA PERSONNALITE
Le DSMIV parle de troubles de personnalité et de traits de
personnalité : " Les traits de personnalité désignent des modalités
durables d'entrer en relation (…), de percevoir et de penser son
environnement et soi-même, qui se manifestent dans un large éventail
de situations sociales et professionnelles. Les traits de
personnalité ne constituent des troubles que lorsqu'ils sont rigides
et inadaptés et qu'ils causent une souffrance subjective ou une
altération significative du fonctionnement"..
Certaines pathologies
correspondent à l’exagération de traits de la personnalité normale
La personnalité est ce qui
caractérise un individu et rend prévisibles son comportement, ses émotions, ses
opinions, quels que soient le moment ou le contexte. Evaluer la personnalité
d’autrui est indispensable pour choisir ses partenaires dans la vie privée et
professionnelle, pour nommer des responsables ou élire des politiques ; la
plupart du temps, l’intuition, l’expérience et les ressources de la "
psychologie ordinaire " permettent de faire approximativement le bon choix.
Certains croient devoir recourir à la numérologie, à la graphologie, aux signes
du zodiaque, qui pourtant ne permettent pas de prédire les conduites : le
psychiatre Hans Eysenck, au cours des années 50, a démontré de façon rigoureuse,
par l’analyse factorielle, que la " psychomorphologie " et le test de Rorschach
(interprétation des taches d’encre) n’avaient aucun pouvoir prédictif. Ces
méthodes ont été peu à peu abandonnées pour le recrutement dans les entreprises
de tous les pays développés, excepté en France, et sont supplantées par des
méthodes plus scientifiques telles que les entretiens structurés ou
semi-structurés, les questionnaires et les échelles d’évaluation validées par
les psychologues différentialistes à partir de modèles dimensionnels. Ces
derniers, sur la base d’une analyse factorielle, permettent de quantifier de
trois à cinq facteurs dans la personnalité, tels que la recherche de la
nouveauté, l’évitement du danger, la dépendance à l’égard de la récompense, la
détermination ou la coopération.
Les troubles de la personnalité sont l’exagération d’un certain nombre de traits
de la " personnalité normale " (sans caractère pathologique du point de vue de
la psychologie différentielle). Dans les versions pathologiques, cette
exagération engendre des difficultés relationnelles permanentes, non conformes
au contexte social, qui occasionnent de la souffrance pour le sujet ou son
entourage. Les conduites rigides et inadaptées sont responsables d’échecs
affectifs et professionnels à répétition. Constitués au cours de l’adolescence,
les troubles de la personnalité persistent toute la vie.
Les psychanalystes les nomment " névroses de caractère ", ce qui évoque la
dénomination populaire et stigmatisante de "caractériel ", " difficile à vivre
"; ils les différencient des névroses, psychoses et perversions parce que ces
troubles de la personnalité s’avèrent trop difficiles à soigner pour constituer
de bonnes indications de la psychanalyse.
Ces pathologies ont donc été laissées pour compte jusqu’à la publication du DSM,
le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l’Association
américaine de psychiatrie, qui répertorie la totalité des symptômes
psychiatriques et les définit par des critères catégoriels selon cinq axes
descriptifs : troubles cliniques (anxiété, dépression, abus de substances
psychoactives…) ; troubles de la personnalité et retard mental ; affection
médicales générales ; problèmes psychosociaux et environnementaux ; évaluation
globale du fonctionnement.
La prévalence des troubles de la personnalité est peu élevée dans la population
générale (environ 10 % au total) – chacun de ces troubles n’excédant pas 2 % -
mais atteint 50 à 70 % dans les populations cliniques (consultants externes ou
hospitalisés en psychiatrie).
Chez les sujets atteints d’une maladie organique chronique, ces pathologies de
la personnalité compromettent leur prise en charge et d’une manière générale le
respect de la thérapeutique prescrite.
Rarement isolés, ils s’associent et interfèrent avec l’ensemble des troubles
psychiques d’un sujet (la " comorbidité "), qu’ils contribuent à rendre
résistants aux thérapeutiques. Ils chronicisent les dépressions et les troubles
anxieux, notamment les attaques de panique, les agoraphobies, et les troubles
obsessionnel-compulsifs. Ils sont au carrefour de tous les troubles psychiques
et aggravent les perturbations du comportement alimentaire, l’alcoolisme, le
tabagisme, les toxicomanies, l’addiction sexuelle, les conduites à risque, les
violences intra familiales ou publiques, l’absentéisme professionnel répété. Il
en résulte des coûts médico-sociaux considérables, en plus de la souffrance
psychique subie ou infligée aux proches.
Les troubles de la personnalité intéressent de plus en plus les professionnels
de la santé mentale, car des voies thérapeutiques nouvelles existent désormais,
en cours d’évaluation, ouvertes par la psychopharmacologie et surtout par les
psychothérapies cognitivo-comportementales actuellement en plein essor.
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psymaroc.com©2008 Dr. EL KAHLOUN, dernière mise à jour le 09
juin 2008|
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