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PsyMaroc - Psychologie clinique. Approche cognitivo-émotionnelle et comportementale en médecine praticienne

Troubles pris en charge par la thérapie cognitivo-comportementale

fait partie du projet UMVF (Université Médicale Virtuelle Francophone)

Université Médicale Virtuelle Francophone

  La classification des psychopathologies
La classification syndromique DSM et CIM
 
 
 
 

TROUBLES PSYCHOMOTEURS

On intégrera dans ce chapitre le comportement général, visible lors de l’examen, mais aussi ce que l’anamnèse peut apporter concernant les conduites sociales du patient.

LA PRESENTATION ET LE CONTACT

C’est le premier lien du sujet avec le monde..

La tenue qui peut aller de l’hyperconformisme à l’extravagance, en passant par une originalité calculée et limitée. On s’attachera à repérer la plus ou moins bonne adaptation de la tenue à l’âge, au sexe, aux impératifs sociaux ou climatiques. Savoir aussi repérer les cicatrices (phlébotomies, cutting des  ados, rixes des psychopathes..), les tremblements, sudations excessives. L’hygiène est aussi un élément sémiologique à apprécier (de l’incurie fréquente dans la psychose à la surpropreté maniaque de certains obsessionnels ou de certains paranoïaques)

-INCURIE

Défaut de soin, négligence. Il y en a qui ne trouvent leur repos que dans une incurie de toutes choses, BOSSUET Pensées détachées, I. Heureux qui voit couler ses jours Dans la mollesse et l'incurie ! VOLT. Lettres en vers et en prose, I. Je ne puis qu'admirer la négligence, l'incurie de la nation anglaise, J. J. ROUSS. Pologne, VII. Les suites funestes de l'incurie où l'on laissait Sa Majesté, BACHAUMONT, Mém. secrets, t. XXXV, p. 180 Etym : Lat. incuria, de in.... 1, et cura, soin (voy. CURE).

Le maniérisme de la schizophrénie peut s’exprimer dans la tenue, plus ou moins baroque ou bizarre, sorte de caricature décalée et invraisemblable.

La syntonie (inventée par E Bleuler) est la « fusion harmonieuse (c à d conforme au moment, aux usages locaux, à la situation…) du sujet dans l’ambiance ». Ainsi l’hypersyntonie désigne l’attitude du sujet qui se croit un peu trop chez lui, capable de plaisanteries bruyantes dans une assemblée qu’il ne connaît que depuis peu de temps…une familiarité excessive avec ludisme et souvent prolixité.

La mimique traduit en principe les états affectifs et émotionnels du sujet en cohérence avec ses propos. L’interprétation de la mimique doit tenir compte du contexte culturel.

On peut parler d’hypermimie (mimiques très abondantes), de paucimimie (peu de mimiques), et même d’amimie. On distingue même une « amimie asthénique » où la résolution des traits du visage ne présente plus aucune expression, et une « amimie hyperesthésique » caractérisée par des contractions musculaires donnant l’aspect d’une expression fixe mais identifiable, il faut alors noter l’expression dominante : euphorie, tristesse, peur, méfiance, perplexité ….

Noter aussi les dysmimies (ou paramimies) c’est à dire les mimiques en désaccord avec les paroles ou incongrues et sans rapport avec le discours ou le vécu actuel.

LES EXCES DU COMPORTEMENT MOTEUR

L’agitation est une expression motrice désordonnée et plus ou moins explosive qui réalise des actes hors d’un plan élaboré.

Lorsqu’elle est mineure les actes paraissent motivés mais ils sont exagérés, émancipés. Lorsqu’elle est majeure il y a une inefficacité totale, la finalité des actes est presque impossible à saisir, il y a même une perte de la coordination.

Noter le thème dominant éventuel : agressivité, onirisme, anxiété, érotisme, colère…ou l’orientation de l’agitation : fuite, lutte, séduction…

L’agitation psychomotrice est souvent une urgence psychiatrique. Elle peut se rencontrer dans de nombreux syndromes psychiatriques, constante dans le syndrome maniaque elle est fréquente dans les syndromes confusionnels, délirants ou anxieux.

Une Impulsion est la tendance irrésistible à l’accomplissement d’un geste, un acte, à caractère dangereux ou incongru, et dont l’exécution échappe au contrôle de la volonté. L’impulsion, à la différence de la compulsion, n’est pas précédée d’une lutte anxieuse ni même le plus souvent d’une pensée perceptible par le sujet. L’impulsion met peu en jeu l’affect ou l’émotion (au contraire du raptus) , sa finalité est souvent incompréhensible. Les impulsions concernent des  actes plutôt publics (ou au moins dans la sphère relationnelle), souvent dangereux. La compulsion concerne plutôt une personnalité obsessionnelle, l’impulsion plutôt une personnalité psychopathique ou psychotique.

Pour les impulsions de fugue on parlera de dromomanie, de mettre le feu : pyromanie, de vol : kleptomanie, de boire : dipsomanie …

Le Raptus est une « réponse à l’instant dans l’instant » c’est à dire un acte à la limite entre le réflexe et la volonté, réponse im-médiate (sans la médiation de la parole) à un vécu actuel ou à une émotion intense. C’est un acte coordonné, ayant une finalité apparente et en rapport avec la situation affective et émotionnelle.

RAPTUS

Terme de médecine. Transport soudain des humeurs dans une partie.  Raptus hémorragique, afflux du sang et hémorrhagie.

Le Tic est un mouvement bref, en éclair, involontaire, intempestif et sans nécessité objective, caractérisés principalement par des mouvements rapides, apparemment sans but, souvent répétés et non symptomatiques d'une affection neurologique.. Il ébauche en général un geste réflexe ou un geste simple ayant dans les conditions normales une fonction (reniflement, grattage…). Le tic ne peut être caché et donne à voir ou à entendre au moment le moins opportun. Les tics de la face sont les plus fréquents (paupières, bouche, langue…) mais aussi épaules, mains… Le tic est précédé d’un état de tension pénible, gène physique et mentale qui accapare la pensée et trouble la communication. La survenue du tic soulage la tension mais suscite un malaise.

N'importe quelle partie du corps peut en être le siège de tics, mais la face est la plus fréquemment touchée. Il peut n'exister qu'un seul type de tic, ou au contraire une association de tics se produisant simultanément, alternativement ou successivement. Le syndrome de Gilles de la Tourette est une affection rare, survenant chez des individus quel que soit leur niveau intellectuel, et dans laquelle des tics de la face et des bruits de gorge, semblables à des tics, deviennent de plus en plus marqués et généralisés et où, ultérieurement, des mots entiers ou de courtes phrases (souvent de nature obscène) sont émis de façon spasmodique et involontaire. Il existe des chevauchements avec d'autres sortes de tics.

Le plus souvent il existe un tic dominant, intensifié dans des circonstances précises (souvent anxiété).

Une parakinésie est un mouvement anormal qui parasite, caricature ou remplace un mouvement normal ( grattage, balancement..)

Les stéréotypies gestuelles : sont des troubles caractérisés principalement par des mouvements volontaires stéréotypés et répétitifs, non symptomatiques d'une affection psychiatrique ou neurologiques. Ce sont des répétitions inadaptées, sans signification actuelle, quasi automatiques, d’un geste, d’une attitude ou d’une expression verbale. Cela peut concerner des automatismes simples, comme le geste de se frictionner les mains, se lisser les cheveux, se frotter le nez, mais aussi des gestes plus complexes comme les salutations, mouvements expressifs d’impatience, de douleur ou de satisfaction. Les échomimies et échopraxies peuvent être classées dans les stéréotypies gestuelles.

Cette rubrique permet de classer la manie de se taper la tête, le spasmus nutans, les manies de balancement, de tournoiement, de claquement des doigts, de frottement des yeux. Ces activités motrices sont particulièrement fréquentes dans les cas de retard mental avec déficit sensoriel ou dans de mauvaises conditions d'environnement.

Il n’y a pas de grande distinction sémiologique entre parakinésie et stéréotypie gestuelle.

Le maniérisme : Caractéristique de la schizophrénie, il se traduit par un ensemble de manifestations motrices donnant l’impression d’un comportement artificiel, obséquieux, alambiqué, théâtral, voire baroque : style gestuel (et oral) emphatique, phrases sophistiquées et ampoulées, gestes hypertrophiés, compliqués, caricaturés. Le patient maniéré prend un air affecté pour dire des banalités. Le maniérisme schizophrénique donne une impression de bizarrerie beaucoup plus que de monstration. Le maniérisme peut être comparé à l’adiadococinésie des lésions cérébelleuses tant il évoque une tentative pathétique et bizarre de la part du schizophrène pour imiter la réalité des non psychotiques.

Il est possible de parler de maniérisme ludique dans le cadre de la manie, mais ce terme devrait essentiellement se limiter au syndrome schizophrénique.

3° LES DEFICITS PSYCHOMOTEURS

A bas bruit, on pourra parler de bradykinésie ou de ralentissement psychomoteur qui peut associer à des degrés divers lenteur motrice et difficultés d’initiation des actes. L’inhibition est la suspension ou l’entrave involontaire d’une fonction psychique ou d’un comportement.

L’inhibition motrice, si elle se traduit très souvent par une bradykinésie, est un trouble de l’exécution de la pensée et est souvent accompagnée d’une forte activité mentale, mais elle est parfois psychomotrice et alors accompagnée d’une bradypsychie. L’inhibition de l’attention, qui donnera une distractivité importante est nommé aprosexie. L’inhibition de la volonté se nomme aboulie

La réticence : Il s’agit d’une attitude de méfiance souvent excessive qui se traduit par un refus systématique et volontaire d’exprimer sa pensée ou ses idées, et d’expliquer les raisons de ses difficultés. Le patient défend son intimité avec des réponses typiques « vous le savez mieux que le moi », « je n’ai rien à vous dire », « vous le savez puisque vous avez mon dossier »… On distingue la réticence passive où le malade se tait, refuse de parler et se confine volontiers au lit et la réticence active où le malade parle beaucoup, parfois même de façon logorrhéique (réticence prolixe), tout en détournant le sujet de la conversation.

La Stupeur est la suspension de toute activité motrice (mimique, geste, langage) avec souvent persistance du cours actif de la pensée. Le sujet paraît engourdi, figé dans une immobilité totale, sans réaction aux stimuli ext.

On parle de stupeur mélancolique, stupeur catatonique (dans la schizophrénie), stupeur confusionnelle (perplexité du dément, tuphos de la typhoïde).

STUPEUR

1° Terme de médecine. Engourdissement général ; diminution de l'activité des facultés intellectuelles, accompagnée d'un air d'étonnement ou d'indifférence. La stupeur est un phénomène de certaines fièvres graves.

2° Fig. Espèce d'immobilité causée par une grande surprise ou par une frayeur subite. Cet état de stupeur où la paresse de penser empêche de comprendre et même d'écouter, GENLIS, Voeux témér. t. I, p. 86, dans POUGENS. Ce deuil sec et muet, sans larmes et sans plainte, De cet oeil insensé l'immobile stupeur, Plus cruels que les cris, me causent plus de peur, P. LEBRUN, le Cid d'And. IV, 5.

Le syndrome catatonique : Il s’agit d’un syndrome psychomoteur, rencontré dans la schizophrénie, caractérisé par une passivité psychomotrice, une catalepsie, une perte de l’initiative motrice, un négativisme et parfois des accès paroxystiques. L’évolution est marquée par l’alternance de ces états.

Le négativisme est un trouble du comportement marqué par des attitudes d’oppositions actives paradoxales. Cela peut aller du refus de la main tendue, du refus de s’asseoir, de s’exprimer, jusqu’à un oppositionnisme systématique qui peut inclure un refus de nourriture, le refus systématique volontaire et délibéré de toutes les consignes, y compris des plus banales, simples et anodines pour le patient, parfois dans une apparence théâtrale.

La catalepsie est une perte de l’initiative motrice avec rigidité musculaire particulière. Le sujet, spontanément immobile soit réagit à la mobilisation passive comme de la « cire molle » (et il peut ainsi conserver longtemps l’attitude imposée), soit résiste à la mobilisation passive avec une hypertonie très marquée évoquant une franche opposition

On parle de catalepsie hystérique (proche de la catalepsie hypnotique) ou de catalepsie schizophrénique (et elle entre alors dans le syndrome catatonique)

 

psymaroc.com©2008 Dr. EL KAHLOUN, dernière mise à jour le 15 mai 2008|contact